Coups de coeur 2026

Voici nos coups de coeur pour cette nouvelle année, dans l’ordre de nos lectures, quel régal !

  • « Une histoire d’amour et de violence » de Olivier Bourdeaut, Gallimard, avril 2026,

Dans cette autobiographie, Olivier Bourdeaut évoque son enfance marquée par un père tyrannique, et alcoolique, qui a imposé injustice et terreur à ses frères et sœurs ainsi qu’à sa mère. D’une écriture simple, il raconte avec justesse les liens complexes qu’il a eu avec un père dysfonctionnel, ainsi que les répercussions sur sa vie d’adulte. Puissant !

Anne

  • « Dans la jungle » de Adeline Dieudonné, L’Iconoclaste, avril 2026,

C’est indéniable, Adeline Dieudonné a beaucoup de talent lorsqu’il s’agit d’ouvrir en grand les portes de la fabrique des monstres. La tragédie a lieu dès les premières pages; le reste du livre remonte le temps pour nous faire vivre, aux côtés d’Aurélie, la lente et insidieuse plongée dans l’horreur. Conformisme social, impuissance et aveuglement des proches et des autorités, banalisation de la violence des hommes, refus d’accepter l’évidence du pire : tous les éléments du roman sont mis en place avec subtilité, et on se retrouve comme happé par cet engrenage qui ne lâchera plus ses proies. La réalité est tristement là pour nous rappeler qu’elle dépasse trop souvent la fiction.

Lucie

  • « Une unique lueur » de Fred Vargas, Flammarion, avril 2026,

Retrouver Adamsberg et toute son équipe, c’est une madeleine de Proust : on sait à coup sûr que l’on s’embarque pour un moment délicieusement familier et rempli de bonheur ! Fred Vargas sait manier les mots et l’on se régale ! L’enquête commence de la manière la plus simple : notre ami Adamsberg se promène et se retrouve par hasard sur une scène de crime. Son instinct, qui ne le trompe jamais, lui fait sentir que ce meurtre est l’oeuvre d’un maniaque prêt à récidiver… Mystères sur fond de poésie, d’histoire et même de cinéma, un roman très réussi à ne pas manquer !

Adèle

  • « La peur dans l’âme » de Valerio Varesi, Agullo, avril 2026,

Le commissaire Soneri et sa compagne, poussés par la chaleur écrasante de Parme, partent se ressourcer dans la paisible commune de Montepiano. Malheureusement, leur tranquillité va être rapidement troublée par une série d’évènements, et plus particulièrement par la rumeur de la présence dans les environs d’un dangereux criminel Serbe, prisonnier en fuite. Entre les cris incessants des loups et les battues des carabiniers, la peur s’installe et perturbe le comportement des habitants du village. Valério Varesi plonge le lecteur dans une atmosphère de méfiance et de suspicions, au coeur des montagnes, qui fait tout le piquant de cette histoire !

Anne

  • « Très brève théorie de l’enfer » de Jérôme Ferrari, Actes Sud, mars 2026,

Un enseignant français est muté à l’étranger, en Algérie puis à Abu Dhabi et y découvre les incongruités de la vie d’expatrié. Parallèlement à son histoire, on suit Kaveesha, immigrée Sri-Lankaise qui vit à Abu Dhabi au service de ces mêmes expatriés. Deuxième volume des « Contes de l’indigène et du voyageur », ce roman met à mal notre incapacité à comprendre l’autre, à exercer une saine compassion. Un roman précis, incisif, non dénué d’humour, qui questionnera chacun sur une mondialisation complètement déséquilibrée. Court et puissant !

Pascal

  • « Corps célestes à la lisière du monde » de Jon Kalman Stefansson, mars 2026,

Inspiré d’une tragédie qui marqua l’Islande au XVIIe siècle, ce nouveau roman de Stefansson est d’une profondeur et d’une intensité rares. La justice, l’exercice du pouvoir, les excès de la religion, l’amour, le courage, la peur de ce qui nous est étranger… des questionnements qui résonnent par-delà les siècles dans des pages où se conjuguent, avec douceur et une grande soif de vérité, l’ombre et la lumière, l’espoir et les ténèbres.

Lucie

  • « Maudite soit la guerre » de Gwenaël Bulteau, La Manufacture de livres, mars 2026,

Un très bon roman policier historique qui vaut autant pour l’intrigue policière que pour la restitution historique du Paris de 1917. L’intrigue se passe effectivement en pleine première guerre mondiale, dans une capitale ou cohabitent les familles des soldats, apeurées par ce qu’il se passe au front, les permissionnaires aux âmes troublées, la police sur le qui-vive, les espions allemands, les trafiquants en tout genre…La guerre divise la France : qu’elle soit maudite ! L’enquête policière sur le meurtre sans mobile apparent d’un homme solitaire sera l’occasion de multiples rebondissements. Un polar captivant et une immersion passionnante dans la vie parisienne de la Grande Guerre.

Pascal

  • « Comment te dire » de Geneviève Kingston, Robert Laffont, janvier 2026,

L’autrice a 12 ans lorsque sa mère meurt d’un cancer ; elle en avait 3 lorsque la maladie s’est déclarée. Ce roman est une sublime déclaration d’amour à cette mère qui, se sachant mourante, a minutieusement préparé pour chacun de ses enfants une malle aux trésors. Rempli de lettres, de cadeaux, de messages, ce coffre sera pendant des années un phare, un refuge, un formidable moyen de supporter l’absence. Ou comment faire son deuil, grandir, aimer et pardonner.

Lucie

  • « Nos derniers jours sauvages » de Anna Bailey, Sonatine, mars 2026,

Dans une petite ville de Louisiane loin de tout, Loyal se met en quête de la vérité concernant la mystérieuse mort de sa meilleure amie d’enfance retrouvée gisant dans le Bayou. Pour cela, elle s’entoure de l’équipe du petit journal local pour lequel elle travaille depuis peu. Entre une famille de paumés éleveur d’alligators, une bande ultra violente de trafiquants de drogue, les blessures laissées par des vieilles histoires, Anna Bailey réussit à créer une atmosphère poisseuse et irrespirable, elle nous plonge au coeur d’un monde sauvage et désespéré, ensorcelant !

Anne

  • « Avalanche » de Lance Weller, Gallmeister, mars 2026,

Un roman dense pour amateur de « nature writing » et de l’histoire américaine. Lance Weller est un auteur passionné par l’histoire américaine et notamment la guerre de sécession et ses répercussions. On suit ici au début du XXème siècle, Clara, une jeune femme qui quitte la ville pour s’installer dans les montagnes, dans un petit village isolé ou elle va croiser la route de Jack, qui revient ici après y avoir habité durant une période dramatique. La puissance de la nature sauvage, la faiblesse des hommes, les lésions de la guerre civile, les ravages de l’alcool et de l’inculture vont accompagner le destin des deux jeunes prétendants.

Pascal

  • « Mon refuge et mon orage » de Arundhati Roy, Gallimard, février 2026,

Dans cette autobiographie, Arundhati Roy raconte une vie foisonnante et très romanesque : sa relation complexe avec sa mère hors du commun, son enfance dans le Sud de l’Inde, ses études d’architecture, ses débuts au cinéma, sa rencontre avec l’écriture et ses succès, son rapport avec l’argent, ses amis, ses amours, ses engagements politiques… Elle nous livre dans une très belle écriture le récit intense d’une femme courageuse et engagée. Un réel plaisir de lecture !

Anne

  • « A la rame » de Sigri Sandberg, Editions Dalva, février 2026,

Siri Sandberg, autrice norvégienne, décide de s’accorder du temps, de faire une pause dans une existence bien remplie et part remonter le Sognefjord, le plus long fjord de son pays à la rame sur une petite embarcation traditionnelle en bois. De ce voyage elle nous livre un récit qui nous invite à prendre le temps. Entre anecdotes personnelles, poèmes et chants norvégiens, histoire du fjord et contemplation de la nature resplendissante, voilà un livre idéal pour se détendre et se donner des envies de voyage.

Pascal

  • « A propos de Nora » de Kristin Koval, Sonatine, janvier 2026,

Nora, 13 ans, tue son frère avec l’arme que son père garde dans un coffre fort de la maison familiale. Elle appelle ensuite la police et les secours, puis s’enferme dans le mutisme. De ses intentions, personne ne sait rien. La voisine de la famille, avocate proche de la retraite, accepte de s’occuper de l’affaire. Elle sera aidée par son fils, lui aussi avocat : Julian a quitté la petite ville du Colorado il y a bien longtemps pour s’établir à NY. Quitté, ou plutôt fui : les deux familles, il y a plus de 10 ans, ont déjà été liées par un drame qui a changé leurs vies… Il semble que tous les secrets gardés depuis si longtemps sont sur le point de resurgir… Un roman captivant sur le deuil, le pardon et la culpabilité.

Adèle

  • « Diables blancs » de James Robert Baker », Editions Monsieur Toussaint Louverture, février 2026,

Dans ce roman noir inédit écrit dans les années 90, l’auteur nous retrace l’équipée sauvage d’un couple américain prêt à tout pour s’en sortir. Tom, auteur d’un seul roman à succès et sa femme Beth, aussi belle que vénéneuse, sont en pleine déprime financière quand pour tenter de conserver leur train de vie de riches habitants de la côte californienne ils montent un plan machiavélique qui devrait finir en bain de sang. Le roman, très rythmé, est construit sous la forme de l’écoute de sept cassettes audio laissées par Tom à son voisin, l’auteur lui-même, ou il décrit pas à pas leur descente aux enfers. Un couple survitaminé, gavé d’alcools et de médicaments qui nous emporte avec lui jusqu’en perdre haleine. Noir et désespérant, drôle et déjanté !

Pascal

  • « Sept jours » de Fabrice Colin, Calmann-Lévy, janvier 2026,

Il neige beaucoup en ce jour de sortie familiale en forêt. Marie et Julien, les parents, se disputent et la jeune femme énervée quitte le véhicule jusqu’à disparaître dans les bois sous les yeux du mari et des jeunes enfants Manon et Edgar. On ne retrouvera plus Marie, elle a disparu ! La famille déchirée va tenter de se reconstruire quand après sept années, Marie réapparait au domicile familial et prétend avoir été enlevé et sequestré pendant sept jours. Sept jours ou sept ans ? Qu’est-il vraiment arrivé à Marie, comment chacun va réagir à ce retour, quelle reconstruction est possible ? Un beau roman à l’écriture limpide, troublant et inquiétant, intime et délicat.

Pascal

  • « Sécher tes larmes » de Meï Lepage, Verso, janvier 2026,

Quelle agréable surprise que ce premier roman 100% policier, extrêmement efficace ! Emma Fauvel enquête sur l’enlèvement à Annemasse d’une jeune femme qui, déjà kidnappée 7 ans plus tôt, avait alors réussi à échapper à son ravisseur. Sécher tes larmes est une plongée âpre et redoutable au coeur d’une procédure, d’une équipe d’enquêteurs et d’une ville. L’écriture, sobre et maîtrisée, ne fait toutefois pas l’impasse sur les ressorts psychologiques à l’oeuvre dans cette affaire, esquissant habilement de nombreuses fausses pistes, jusqu’à un dénouement digne des thrillers les plus noirs.

Lucie

  • « Hystérie collective » de Lionel Shriver, Belfond, janvier 2026,

En 2011, un nouveau dogme, nommé la Parité Mentale, va profondément modifier notre société : personne ne doit être considéré comme intellectuellement supérieur aux autres. Ainsi, dans les écoles, il n’y a plus de notes, pas de séléction à l’entrée et les diplômes sont donnés. Pearson, professeur à l’université, qui a déjà lutté pour s’émanciper du modèle des témoins de Jéhovah imposé par ses parents, a beaucoup de difficultés à se conformer à ces nouvelles règles…Un roman cynique où l’on rit beaucoup, jaune bien souvent !

Anne

  • « Les orphelins. Une histoire de Billy the Kid » de Eric Vuillard, Actes sud, janvier 2026,

A travers l’histoire de Billy the Kid, jeune orphelin américain emporté par sa propre violence et celle du Far West à l’âge de 21 ans, l’auteur nous conte l’histoire d’un pays qui s’est construit par le meurtre et la spoliation. Historiquement passionnant, le roman ne manque pas d’humour et la plume d’Eric Vuillard embelli le tout. Quand on lit Eric Vuillard on en sort toujours plus intelligent !

Pascal

  • « Vorace » de Lebda Malgorzata, Noir sur Blanc, janvier 2026,

Conçu comme un recueil d’instants, Vorace célèbre le vivant sous toutes ses formes. Les corps, les odeurs, les matières, les lumières sont autant de paysages sensibles que l’autrice, poétesse qui signe là son premier roman, saisit avec un naturel d’où sourd l’émotion comme une eau vive. Il faut saluer le travail de traduction, qui nous donne à vibrer au rythme de cette prose où le trivial se marie intimement au magique, où le mortel et le périssable se parent les couleurs de l’éternité.

Lucie

  • « Le gardien du camphrier » de Keigo Higashino, Actes Sud, janvier 2026,

Reito est un jeune homme sans perspective d’avenir à qui la chance fait défaut. Sur le point d’être incarcéré pour vol il reçoit une proposition qu’il ne peut refuser : s’il devient le gardien d’un sanctuaire et de son précieux camphrier, ses dettes seront effacées et sa liberté retrouvée. Ses journées au sanctuaire s’écoulent doucement, rythmées par de longues heures à balayer les feuilles mortes au milieu des quelques visiteurs venus se reccueillir. Parfois, certains s’adonnent en secret à un rituel nocturne au pied du camphrier, auquel Reito ne peut jamais assister. Qui sont-ils, en quoi consiste ce moment chargé de mystère et les légendes racontées à propos du camphrier sont-elles vraies ? Le jeune homme, en cherchant à découvrir la vérité, va surtout partir à la découverte de lui-même. Un roman doux à l’humour délicat, où l’on plonge dans le japon d’aujoudr’hui, entre traditions et désirs de modernité.

Adèle

  • « Fossiles » de Laurence Potte-Bonneville, Verdier Editions, janvier 2026,

Une bergère se jette du haut d’un piton rocheux surplombant le Désert de Platé; un épicéa s’effondre durant une tempête sur le toit d’une maison familiale à Onnion. Le livre s’ouvre sur ces deux chutes pour embrasser par la suite la question des mémoires – géologique, régionale et familiale – des souvenirs, du passé, et de ce que l’on en fait. En prenant comme points d’accroches un site exceptionnel, une maison, et une collection de fossiles, Laurence Potte-Bonneville tisse un roman drôle, touchant, et d’une grande profondeur. Son écriture, vibrante et enlevée, emprunte parfois à l’univers du conte dans de magnifiques pages sur les reliefs magnétiques du Faucigny et des Aravis et sur leurs étranges habitants.

Lucie

  • « Les cogne-trottoirs » de Bartabas, Gallimard, janvier 2026,

Dans ce roman ébouriffant, Bartabas nous raconte l’histoire d’une fillette devenue muette qui fuit son foyer. En chemin, elle rencontre un âne qui va devenir son compagnon de route. Ensemble, ils vont rejoindre à Paris une troupe de saltimbanques qui vit de spectacles de rue. Avec une écriture tantôt poétique tantôt brutale, Bartabas nous entraîne dans un joyeux bazar en marge de notre société grâce notamment à des personnages haut en couleurs; une réjouissante ode à l’humanité et la liberté.

Anne

  • « L’enfant du vent des Féroé » de Aurélien Gautherie, Noir sur Blanc, janvier 2026,

Un premier roman envoûtant comme peuvent l’être ces étranges Iles Féroé. D’une superbe plume l’auteur nous narre l’histoire d’un drame familial du début du 20ème siécle dans le village de Gjógv, petit port de l’île de l’Eysturoy. Un enfant nait, et s’appellera Anna, mais souffrant le martyr l’enfant meurt en quelques mois. Les parents, Jonas le pêcheur, et Olga la jeune mère ne s’en remettrons pas, leur amour non plus. L’amour porté à l’enfant est saisissant, l’écriture poétique de l’auteur et la puissance des éléments, dont le vent omniprésent font de ce court roman choral un texte sombre mais inoubliable.

Pascal

  • « Les fantômes de Shearwater » de Charlotte McConaghy, Actes Sud, janvier 2026,

Sur cette île battue par les vents et cognée par des eaux démontées, il y a peu de place pour la contemplation de la nature, pourtant si unique et sauvage. C’est cette nature qui a fait venir Dominic et ses enfants, prêts à s’éloigner de tout pour trouver un sens à la vie. C’est le caractère fragile et merveilleux de la faune et la flore qui amène des scientifiques de tous horizons pour l’étudier. Pourtant, quand Rowan s’échoue sur les rivages de Shearwater et manque de mourir noyée, plus personne n’habite l’île, en dehors de Dominic et ses enfants. Les eaux montent, la tempête a tout balayé sur son passage, l’électricité est coupée. Qu’est venue faire Rowan ? Pourquoi a-t-elle la sensation que la famille lui cache qqch ? Un roman magistral, mené par une écriture rythmée : on le termine le soufflé coupé.

Adèle

  • « La voie » de Gabriel Tallent, Gallmeister, janvier 2026,

L’escalade comme une métaphore de la vie. Pour Tam et Dan, les deux jeunes héros du nouveau roman de Gabriel Tallent, la dernière année de lycée sera celle de tous les possibles. Les deux lycéens inséparables aux familles dysfonctionnelles sont à l’heure des choix majeurs : quitter leur coin perdu au milieu du désert de Mojave pour se lancer dans les études, s’essayer à la vie de bohème en pratiquant leur passion commune l’escalade, rester sur place pour tenter d’aider ce qui tient encore debout dans leur famille respective ? Le parallèle est permanent ici entre leurs nombreuses sorties d’escalade dans le désert et les choix cruciaux à y faire pour grimper et sauver sa peau et les choix d’avenir pour mener au mieux leur vie. Un grand roman d’apprentissage, ambitieux, à la langue crue des ados américains en rupture de ban.

Pascal

  • « Je suis Romane Monnier » de Delphine de Vigan, Gallimard, janvier 2026,

Après une soirée un peu arrosée, Thomas retrouve dans la poche de son manteau le téléphone d’une inconnue. Il réussit à la contacter mais elle refuse de le récupérer. Intrigué par l’objet qui lui a été confié et les raisons qui ont conduit Romane à s’en débarrasser, Thomas va explorer le contenu du portable. Les deux histoires vont se faire écho. Ce roman questionne sur la place centrale que le téléphone portable à pris dans nos vies, peut-on encore vivre déconnecté ? Un roman qui pose une question devenue essentielle !

Anne

  • « American Spirits » de Russell Banks, Actes Sud, février 2026,

Sous la forme de trois nouvelles, le grand auteur américain récemment décédé nous immerge dans l’Amérique rurale qu’il sait si bien croquer. Ses compatriotes dysfonctionnent, s’enlisent dans la violence des propos et des actes, tiennent avec l’alcool ou les drogues et un rien peut faire basculer un accrochage en drame. Pour chacun des personnages de ces nouvelles, tous habitants de la même petite ville, Sam Dent, l’avenir ne s’écrit pas au futur…Un grand livre pour approcher de plus près ces américains aux rêves perdus.

Pascal

  • « La correspondante » de Virginia Evans, Quai Voltaire, janvier 2026,

Sybil Van Antwerp vit une retraite confortable dans sa maison de bord de mer où jardinage et écriture rythment son quotidien. Chaque mercredi, vendredi et samedi, elle se consacre à sa correspondance : elle adresse des lettres (manuscrites, toujours !) à son frère, sa meilleure amie, ses enfants, mais aussi des inconnus. A travers ces écrits est dépeint le portrait d’une femme drôle, vive d’esprit et terriblement attachante. Un livre touchant où l’espoir est toujours permis, la grâce tient à peu de choses et la vie trouve toujours son chemin !

Adèle

  • « Les années Souterraines », de Hugo Lindenberg, Flammarion, janvier 2026,

Les Années souterraines évoque le douloureux rapport au père, et l’enfance, marquée par l’abandon, d’un narrateur adulte tenu de revenir dans l’appartement honni où il vécut de 8 à 14 ans. Hugo Lindenberg, lauréat du Prix du Livre Inter 2021 avec l’inoubliable « Un jour ce sera vide », mêle avec grâce la délicatesse des mots et la violence des émotions, déployant les mille et une nuances des sentiments d’un fils pour son père, de l’amour aveugle à la haine pure. Le roman fait alterner souvenirs d’enfance et instants présents dans une danse tantôt heurtée, tantôt virevoltante. Sublime !

Lucie

  • « Les belles promesses » de Pierre Lemaitre, Calmann-Levy, janvier 2026,

Dernier volet des « Années Glorieuses » la tétralogie de Pierre Lemaitre, ce roman traverse les années 60 françaises à travers l’histoire familiale des Pelletier dont Jean, dit « Bouboule », en sera le principal personnage. Tout commence par un terrible incendie qui fait de Jean un héros sauveur d’enfant. Mais son passé d’assassin compulsif rejaillit et le poursuit de plus en plus près…L’auteur nous emporte à nouveau entre l’histoire familiale et la grande Histoire de France, entre personnages truculents et rebondissements incessants, un excellent cru !

Pascal

  • « Aqua » de Gaspard Koenig, L’Observatoire, janvier 2026,

Dans une petite commune de Normandie, les habitants d’un village s’opposent sur la gestion de leur approvisionnement en eau. Maria, fraichement élue maire, souhaite conserver leur autonomie au détriment de la modernisation du réseau d’eau. Mais ses idéaux sont rapidement confrontés à la réalité. Cette histoire interroge sur la complexité de la gestion d’une ressource naturelle qui se raréfie dans une société rurale. Des personnages souvent excessifs mais toujours attachants, un roman très documenté tout en étant romanesque et satirique.

Anne

  • « Nos héritages » de Anna Hope, Gallimard, janvier 2026,

La famille Brooke est à l’aube d’une nouvelle ère : le patriarche vient de mourir, laissant derrière lui un immense domaine à gérer et des responsabilités que certains des enfants veulent s’accaparer et d’autres non. Les jours défilent, l’enterrement se rapproche et avec lui les émotions s’intensifient. L’image de celui qui vient de mourir n’est pas la même pour tout le monde, les ressentiments surgissent… et une invitée inattendue rebat toutes les cartes. Avec ce roman choral plein de finesse, Anna Hope analyse une société aristocratique anglaise dont les valeurs cachent bien des secrets…

Adèle

  • « Hors champ » de Marie-Hélène Lafon, Buchet-Chastel, janvier 2026,

Dans cette famille de peu de mots, Claire, l’aînée, est devenue professeure de lettres, son frère Gilles a hérité de la ferme. Si elle est partie loin de la violence et de l’aigreur paternelles, lui est resté et vit avec ses parents sans jamais leur adresser la parole. Les années passent, Gilles travaille fort, vieillit vite et s’isole; la ferme devient obsolète ; Claire rend visite, met en ordre, nettoie, fait la conversation mais parle peu. Ce nouveau roman de Marie-Hélène Lafon évoque avec frontalité et sans détours le crépuscule d’un certain monde paysan, brusque et injuste, loin des clichés bucoliques. Gilles, sacrifié sur l’autel de la transmission, est un personnage bouleversant, dont la détresse est, à chaque page, un véritable coup au coeur.

Lucie