Coups de coeur 2021

Voici nos coups de coeurs pour cette nouvelle année, dans l’ordre de nos lectures. Nous espérons que vous y trouverez de belles lectures…

  • « Vérification de la porte opposée » de Sylvain Tesson, Libretto, avril 2021,
Vérification de la porte opposée

Dans ce recueil de nouvelles, l’écrivain aventurier use de toute ses connaissances de la Russie, des pays orientaux limitrophes, et des peuples habitants ces régions pour nous faire voyager, rire, grincer des dents ou réfléchir…Ces nouvelles à chute sont un vrai plaisir de lecture, et le genre est aujourd’hui trop souvent ignoré pour ne pas en profiter quand d’aussi bonnes nous tendent les bras. DavaÏ !

Pascal

  • « Kérozène » de Adeline Dieudonné, L’Iconoclaste, avril 2021,
Kérozène

Adeline Dieudonné revient en force avec son second roman « Kérozène ». Une banale station-service d’autoroute est le pilier de cette histoire déjantée. Un lieu où les personnages principaux vont se croiser, s’apercevoir, discuter. Construit avec des chapitres comme des nouvelles qui nous font découvrir à chaque fois un personnage différent, une intrigue rocambolesque se construit au fil des pages. Reste aux lecteurs et lectrices à se laisser guider par des scènes toutes plus insensées les unes que les autres. Un roman singulier dans l’univers d’Adeline Dieudonné, une auteure qui ne cesse de nous surprendre.

Émilie

  • « Entre toutes les mères » de Ashley Audrain, JC Lattès, mars 2021,
Entre toutes les mères

Dans la famille de Blythe, les mères ont tendance à ne pas être à la hauteur. Entre folie, blessure, méchanceté et abandon, notre protagoniste n’a aucun repère fiable et solide sur lequel se reposer quand il s’agit de maternité. Le jour où elle tombe enceinte pour la première fois, Blythe se promet de ne pas reproduire les erreurs du passé. Mais peut-être que cela ne dépend pas vraiment d’elle.. Car Violet, la petite fille qui vient au monde avec une mère un peu désorientée et un père aimant, n’a rien de la petite princesse que les autres pensent voir et connaître. Est-ce qu’un bébé peut sciemment détester sa mère et lui en faire voir de toutes les couleurs ? Un enfant peut-il être mauvais dès son plus jeune âge ? « Entre toutes les mères » est un page turner aussi fascinant qu’il est implacable. Impossible de se détourner de cette histoire qui prend aux tripes et explore tous coins sombres possibles. Une lecture coup de poing dont on se souviendra, sans aucun doute.

Émilie

  • « Lëd » de Caryl Ferey, Les Arènes, mars 2021,
Lëd

Une enquête terrifiante dans un cadre glaçant, des personnages dont la volonté de vie ne tient qu’à un fil et qui se contentent de survivre au jour le jour, sans penser à l’avenir. Avec Lëd, Cary Ferey nous livre un polar puissant qui dénonce autant qu’il divertit. Une lecture quelques fois difficile, tant la misère des paysages et des personnages est palpable. Peu d’espoir et pourtant, le lieutenant en charge de cette étrange affaire est bien décidé à établir la vérité. À nous lecteurs et lectrices, d’aller jusqu’à la dernière page…

Émilie

  • « Komodo » de David Vann, Gallmeister, mars 2021,
Komodo

David Vann nous plonge dans les eaux scintillantes qui bordent l’île de Komodo en Indonésie, en compagnie d’une famille américaine qui se déchire et s’échoue. La beauté des fonds marins visités lors de plongées inoubliables contraste avec la noirceur, l’aigreur des personnages. Une fois de plus l’auteur fait mouche avec ce très beau texte et ce roman emballant.

Pascal

  • « Le vallon des lucioles » de Isla Morley, Seuil, mars 2021,
Le vallon des lucioles

L’histoire envoûtante, tragique et inoubliable de Jubilee Buford et de sa famille. Lorsqu’Havens et Massey sont envoyés en 1937 dans les petits villages du Kentucky afin de faire un reportage sur les Appalaches, les deux journalistes sont loin d’imaginer qu’ils vont tomber l’enquête de leur carrière : une famille qui vit aux abords de la ville de Chance a la peau bleue. Partant d’une famille qui a réellement existé, dans « Le Vallon des Lucioles », Isla Morey nous confie l’histoire bouleversante de la famille Buford et de ses deux hommes blancs qui viennent pour faire un reportage et vont repartir avec une véritable leçon de vie. Ce roman raconte une histoire de racisme, de violence, de différences et de harcèlement. Mais c’est également, une histoire sur la famille, les sacrifices, et comment faire les bons choix. « Le Vallon des Lucioles », c’est en outre une magnifique histoire d’amour. De celles qui surpassent les préjugés, la douleur et les dissemblances au nom de l’être aimé. À découvrir sans attendre.

Émilie

  • « Florida » de Olivier Bourdeaut, Finitude, mars 2021,
Florida

« En attendant Bojangles » fut en 2016 le premier roman épatant d’Olivier Bourdeaut. Le voici de retour 4 ans après ce coup de maître qui en a emporté plus d’un avec un nouveau roman ou la folie semble à nouveau l’emporter ! La narratrice du roman est Elizabeth, dite Florida, une jeune américaine que sa mère a transformé en bête de concours de mini-miss. Mais la jeune fille va rapidement rejeter ce rôle limitant, ainsi que toute sa famille par la même occasion, et ce corps de mini-miss qui l’insupporte pour essayer de se construire par elle-même. Se construire ou se détruire c’est au choix ! Un roman truculent, ou les plus jolies deviennent les plus vilaines et ou les dérives de l’Amérique gonflée aux stéroïdes et lissée par le botox en prend plein les gencives. A déguster façon bonbon acidulé…

Pascal

  • « Huit crimes parfaits » de Peter Swanson, Gallmeister, février 2021,
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Malcom est le tranquille propriétaire d’une petite librairie spécialisée en romans policiers à Boston, ou l’on peut croiser quelques amateurs de sueurs froides ainsi que Nero, le chat accueillant, emblématique du lieu. Alors, Malcom peut-il être suspecté d’être coupable d’une série de meurtres qui semblent s’appuyer sur le scénario de crimes parfaits issus de classiques du polar ? Ou est-ce vers un criminel bibliovore que doit se tourner le FBI pour résoudre cette énigme ? Enquête autour du crime (presque) parfait…

Pascal

  • « La maison des Hollandais » de Ann Patchett, Actes Sud, janvier 2021,
La maison des Hollandais

« La maison des Hollandais » retrace l’histoire d’un frère et de sa soeur, Danny et Maeve Conroy. Âgés, ils se remémorent avec nostalgie et douleur les épreuves que leur famille a traversé. Les deux enfants ont grandi dans une somptueuse et gigantesque maison, accompagnés par les domestiques, puisque le père est souvent absent et que la mère a choisi de fuir en Inde. Quand une belle-mère débarque et rompt le train-train quotidien de la famille Conroy, c’est le début des rancoeurs, des déceptions, des départs… Impossible de ne pas s’attacher à Maeve et Danny, liés par un amour fraternel qui va leur permettre de tout affronter et continuer à avancer malgré les difficultés. Un magnifique roman familial difficile à quitter, on aimerait pouvoir rester avec ces personnages si attachants et cette maison extraordinaire.

Émilie

  • « L’agonie des grandes plaines » de Robert F. Jones, Editions du Rocher, février 2021,

Quand Jenny et Otto, deux jeunes adultes dans l’Amérique en construction de la deuxième partie du 19ème siècle se retrouvent orphelins, ils décident de partir à l’Ouest, vivre une vie de chasseurs de bisons. Malgré leur expérience d’une vie à la dure, Otto est jeune retraité de la Guerre de Sécession, Jenny a travaillé à la ferme familiale toute sa jeunesse, la réalité tragique de ce qui se passe dans ces territoires sauvages va rapidement faire déraper leur projet. Le Grand Ouest est alors peuplé de bandes plus ou moins rivales de chasseurs de bisons réchauffés au whisky, de tribus indiennes en guerre contre les blancs et bien souvent entre elles, de quelques forts militaires isolés, et ce lieu vierge et sauvage, malgré sa beauté est aussi et surtout un lieu de violence et de mort. Voilà un western classique splendide, dépayasant à souhait, extrémement précis, ou l’on sent à chaque page l’odeur du bison, de la terre mouillée, du feu de camp qui réchauffe et de la poudre. On y est ! Par ailleurs la Grande Histoire qui se joue au fil des pages nous rappelle la facilité qu’a l’humanité pour détruire la beauté, la pureté de la vie sauvage, et nous questionne sur la nature humaine…Ce doit être ce que l’on nomme la beauté crépusculaire !

Pascal

  • « Le démon de la colline aux loups » de Dimitri Rouchon-Borie, Le Tripode, janvier 2021,
Le démon de la Colline aux loups

« Le démon de la colline aux loups » est de ses romans qui laissent une marque au fer rouge dans le cœur et la mémoire de ses lecteurs et lectrices. Tantôt par des passages terriblement difficiles à lire, tantôt par des réflexions si justes et profondes qu’elles nous font trembler. Dans cette histoire unique, le bien et le mal s’affrontent et la mésaventure tragique d’un petit garçon profondément gentil, mais intérieurement violent, ne laissera personne indifférent. C’est un récit sur les choix et leurs répercussions, sur une obsession à vouloir faire le bien quand on est destiné à l’obscurité. Un premier roman aussi tranchant qu’une lame, un personnage à la fois détestable et terriblement attachant, une histoire dont il ne faut pas détourner le regard. Un véritable tremblement littéraire.

Émilie

  • « Ces orages-là », de Sandrine Collette, JC Lattès, janvier 2021,
Ces orages-là

Voilà un roman qui vous prend et ne vous lâche pas, Sandrine Collette est une experte en la matière ! L’histoire est celle de Clémence, une jeune femme qui fuit une relation des plus toxiques avec son ancien mari. Après s’être enfuie de la maison commune la voilà qui retrouve du travail et s’installe discrétement dans un petit pavillon et son jardin attenant, ou elle tente de retrouver une vie normale. Mais rien n’est facile pour Clémence, à chaque pas, à chaque bruit elle croit revoir son bourreau, l’emprise de celui-ci est trop forte, et ne semble pas souffrir des kilomètres qui les séparent…N’ayez pas peur de plonger avec Clémence dans ce thriller psychologique intense…

Pascal

  • « Les danseurs de l’aube » de Marie Charrel, Editions de l’Observatoire, janvier 2021,
Les danseurs de l'aube

Lukas et Iva, deux jeunes fervents de flamenco, aimeraient faire de leur passion leur avenir. Ils se rencontrent par hasard sur une piste de danse et ne se quittent plus : elle l’aide à oublier son problème existentiel et il lui permet d’effacer ses souvenirs douloureux. Les deux danseurs partent dans un road-trip en Europe, sur les traces de l’idole de Lukas : Sylvin Rubinstein. Maria et Sylvin Rubinstein, aussi connu sous leur nom de scène Imperio et Dolores ont réellement existé et ont eu une place non-négligeable durant la Seconde Guerre mondiale. Jumeaux juifs et passionnés par le flamenco, ils sont acclamés par le public et vont se produire dans les plus grands cabarets du monde. Mais la montée du nazisme en Allemagne les force à se réfugier en Pologne, les obligeant à arrêter la danse et se cacher des SS. Pourtant, après la disparition de sa sœur bien-aimée, Sylvin va jouer un rôle capital dans la résistance contre les Allemands, en se déguisant en femme et ainsi passer inaperçu aux yeux de la Gestapo, lui permettant de transmettre des messages et d’écouter des conversations secrètes. Des années plus tard, en 2017, Lukas et Iva partent sur les traces de ce grand nom de la danse et tentent par le même moyen de découvrir qui ils sont. Un récit d’une grande beauté, qui permet de découvrir la grande histoire de Sylvin Rubinstein, résistant méconnu, et d’avoir un aperçu de la beauté et de l’ardeur du flamenco, qui est pour tous les personnages de ce magnifique roman, une échappatoire et une raison d’exister.

Émilie

  • « L’enfant de la prochaine aurore » de Louise Erdrich, Albin Michel, janvier 2021,
L'enfant de la prochaine aurore

Louise Erdrich est l’une des plus fameuses représentantes des auteurs amérindiens, elle nous propose pour son nouveau roman une intense plongée dans un monde qui s’abime et s’effondre. On y suit une jeune amérindienne, Cedar Hawk Songmaker, enceinte de son première enfant, et c’est elle qui nous conte son histoire par le biais de carnets écrits pour son futur enfant. Un pouvoir totalitaire s’installe aux Etats-Unis en même temps qu’une dégénérescence de l’humanité. Les futures mères deviennent les cibles du pouvoir politique. C’est dans cette ambiance des plus sombres que Cedar, son enfant à venir et sa famille tentent d’échapper à la répression, à l’enfermement, à la folie…Le texte est très beau, on trouve dans ce roman des passages lumineux et on vibre, on tremble corps et âme avec Cedar tout au long de son parcours, de son combat, de sa grossesse…Superbe, assurément le roman de la rentrée de janvier !

Pascal

  • « Des diables et des saints » de Jean Baptiste Andréa, L’Iconoclaste, janvier 2021,

Des diables et des saints

C’est l’histoire d’un vieil homme, Joseph, qui joue parfaitement Beethoven sur les pianos mis à disposition dans les gares et les aéroports. Les passants s’arrêtent devant ce prodige qui enchante les halls d’entrées par ses notes divines et son air mystérieux. Pourquoi n’est-il pas sur une scène, devant un vrai public ? Pourquoi jouer uniquement Beethoven ? L’histoire de Joseph, que nous découvrons à travers ce roman, est une histoire de deuil, d’amitié, d’amour et de musique. Avec son passé douloureux, il n’était pas destiné à un avenir plein de gloire et de richesse. Le seul fait de pouvoir être devant un piano, libre et vivant, est déjà une prouesse. Mais tout n’est pas terminé et un jour, Joseph l’espère, la personne qu’il attend depuis si longtemps descendra du train et le reconnaîtra instantanément à sa manière de jouer. Dans ce magnifique roman où un jeune garçon virtuose se retrouve coincé dans un internat sombre et austère, Jean-Baptiste Andrea nous livre une histoire bouleversante sur des amis qui sont prêts à tout pour s’enfuir et découvrir ce que le monde peut offrir, même aux personnes les plus perdues.

Émilie

  • « Justice indienne » de David Heska Wanbli Weiben, Gallmeister, janvier 2021,
Justice indienne

Virgil Wounded Horse est un indien de la réserve Lakotas de Rosebud dans le Dakota du sud. Il gagne sa vie avec ses poings, les habitants de la réserve font appel à lui quand ni la police tribale, et ses faibles moyens, ni la police fédérale, qui ne s’intéresse guère aux affaires indiennes, ne résolvent les crimes commis. Quand une affaire à résoudre autour de l’arrivée de nouvelles drogues dures dans la réserve se présente à Virgil, celui-ci ne se doute pas des ramifications cachées de l’affaire. Entre affaires familiales, magouilles politiques, rancoeurs tenaces et coups bas, voilà un policier rondemment mené, à la découverte de la vie d’aujourd’hui dans les réserves indiennes.

Pascal