Coups de cœur 2025

Voici nos coups de cœur en littérature (roman, polar, récit…) pour cette année 2025, dans l’ordre de nos lectures,

  • « Le grand horizon » de Lola Nicolle, Phébus, août 2025,

Vincent est au départ de la Transcontinental Race, il doit rallier la Bulgarie à la France sur son vélo Génésis. C’est le récit de cette aventure dans laquelle Vincent n’est jamais vraiment seul, il fait des rencontres sur la route, il y a aussi les autres concurrents, sa famille qui le suit de loin et même une amie d’enfante perdue de vue. Cette course met à rude épreuve le corps, il faut tenir. Il y a des hauts, il y a des bas, Vincent s’accroche. Un voyage d’aventures et de mésaventures où se côtoient les limites physiques et les moments magiques.

Anne

  • « La maison vide » de Laurent Mauvignier, Les Editions de Minuit, août 2025,

De quoi est vide cette maison dont il y a pourtant tant à écrire, à raconter, à imaginer ? Sur près de deux siècles, et en s’attardant sur les figures de son arrière-grand-mère et de sa grand-mère, Laurent Mauvignier écrit le roman d’une lignée. En faisant parler les trous de mémoire et les silences, il se raconte et nous raconte une histoire qui lie enfin ce qui a été et ce qui est. Son écriture investit les années, les lieux, les vies, les blessures et les désirs dans ce livre qui se fait à la fois source, fleuve et estuaire, et où chacun cheminera à la lumière et à l’ombre de sa propre histoire familiale. Un très grand livre !

Lucie

  • « Run » de Blake Crouch, Gallmeister, octobre 2025,

Préparez-vous à retenir votre souffle : ce livre va vous donner des palpitations grâce à une bonne dose de suspens ! Une épidémie qui ravage le pays, la violence à tous les coins de rue, plus d’électricité… pour survivre, la famille Colclough va devoir fuir et se cacher. Reste-t-il des endroits sûrs ? Une chose est certaine : plus rien ne sera jamais comme avant. Un roman au rythme endiablé que l’on ne lâche pas une seconde : on croirait lire un film d’action !

Adèle

  • « 70 bis, entrée des artistes » de Patrick Modiano et Christian Mazzalai, Gallimard, octobre 2025,

Si vous passez devant le 70 bis de la rue Notre Dame, dans le quartier Montparnasse, vous trouverez un portail fermé. Derrière ce portail, une petite allée dessert une cour, et des ateliers d’artistes. Depuis le début du XXe siècle, de grands noms du monde des arts et des lettres, français, américains ou encore japonais, y ont passé une nuit, ou une vie. Ce superbe ouvrage illustré dresse un inventaire poétique et rêveur, nimbé de mystère, de celles et ceux qui ont passé ce portail.

Lucie

  • « La collision » de Paul Gasnier, Gallimard, août 2025,

Dans ce récit, Paul Gasnier tente de comprendre les causes qui ont conduit à la collision qui a couté la vie à sa mère dix ans auparavant. Il interroge tous les acteurs de ce drame, de l’éducateur à la famille de l’agresseur, de l’enquêteur au juge et plus généralement la justice. Une quête pour comprendre et ne pas tomber dans la haine, un témoignage sage et fort.

Anne

  • « L’amulette » de Michael McDowell, Monsieur Toussaint Louverture, octobre 2025,

Dans les années 60, en Alabama, Dean va être victime d’un grave accident qui le laisse défiguré et paralysé. Sa jeune épouse Sarah, qui habite avec son acariâtre de belle mère Jo va devoir supporter l’aide à l’époux meurtri après d’harassantes journées de travail et l’aigreur de Jo. Celle-ci en veut dorénavant à toute la ville qu’elle accuse d’avoir blessé son fils. Quand l’amulette qu’elle offre à l’un des coupables présumés semble se transformer en arme fatale, toute la ville tremble, les morts affluent et Sarah va tenter d’y mettre fin…Un régal que ce roman noir, ou l’on rit et l’on s’effraie de la méchanceté et de la bêtise humaine. Du McDowell à son meilleur !

Pascal

  • « Louve en juillet » de Gabrielle Filteau-Chiba, Editions Dépaysage, août 2025,

Dans ce court nouveau texte, l’autrice québécoise se raconte et nous fait partager ses peines et ses joies. La fuite devant un mari violent, le refuge trouvé au sein de la forêt canadienne, l’amour de l’enfant tout juste né et le bonheur partagée avec Séquoia, la chienne fidèle. Un texte douloureux et beau, tendre et sauvage.

Pascal

  • « La folie Océan » de Vincent Message, Editions du Seuil, août 2025,

Plongez dans la vie romanesque de Maya, une femme libre, partagée entre deux vies ! A travers cette histoire, Vincent Message explore l’Océan : la beauté sauvage des fonds marins, les conflits qui opposent ceux qui veulent le préserver à ceux qui l’exploitent, l’extraordinaire richesse des créatures qui le peuplent. Un voyage au coeur de la Bretagne aux multiples facettes…

Anne

  • « Les forces  » de Laura Vasquez, Editions du sous-sol, août 2025,

C’est un livre que vous ne pourrez, par moments, vous empêcher de lire à voix haute, à quelqu’un ou pour vous seul. Chaque phrase frappe : sentence percutante, vérité poétique, image aussi inédite qu’évidente. Roman d’apprentissage, initiation sociale et philosophique, « Les Forces » est un roman plein, fascinant de clarté et de clairvoyance, éclairé et halluciné à la fois. Une expérience de lecture qui remue, intrigue et envoûte.

Lucie

  • « L’étrange tumulte de nos vies » de Claire Messud, Editions Christian Bourgois, août 2025,

Ce n’est pas chose aisée que de raconter 70 ans d’histoire familiale, de s’intéresser à 5 générations ayant vécu sur 4 continents différents. Encore moins lorsqu’il faut aborder des sujets aussi lourds que la guerre, la décolonisation, l’exil, la dépendance, la fin de vie. Claire Messud a choisi la forme romanesque pour dérouler l’histoire des siens, et débusquer dans les plis des récits familiaux lacunaires ce qui a été tu, effacé, masqué, mais jamais oublié. Elle fait résonner dans le tumulte des vies présentes les petites musiques, harmonieuses ou dissonantes, du passé. Un livre formidable !

Lucie

  • « Kolkhoze » de Emmanuel Carrère, POL, août 2025,

Emmanuel Carrère a écrit avec ce « Kolkhoze » un récit de haut vol sur l’histoire de sa famille en s’attachant principalement à sa mère : Hélène Carrère d’Encausse, décédée en 2023. La grande femme, d’origine géorgienne, ambitieuse et combative fut notamment écrivain, académicienne, politologue, spécialiste de la Russie…et une mère aimante mais débordante. Le livre est grandiose, les thèmes multiples, on passe avec tact de la grande Histoire, russe surtout, à la petite histoire de cette famille à nulle autre pareille. Un récit ambitieux et complexe, puissant et passionnant.

Pascal

  • « La colonie » de Annika Norlin, La Peuplade, septembre 2025,

Mais qui sont ces gens qu’Emelie aperçoit dans cette forêt où elle s’est elle même retirée ? Loin de la ville, loin des hommes, loin de sa famille, où elle peut enfin respirer. Ce groupe, que l’on rencontre personnage par personnage, c’est comme une famille ou plutôt une colonie. Chacun son rôle, chacun sa place, ils évoluent ensemble. Cette utopie suédoise nous dévoile la force du groupe mais aussi ses failles. Vivre en autarcie, en auto-suffisance, est-ce possible ? à quel point ? à quel prix ? On se retrouve vite captivé par la possibilité de cette utopie remplie d’amour et d’eau fraîche.

Lucie et Adèle

  • « La bonne mère » de Mathilda di Matteo, L’iconoclaste, août 2025,

Véro, en apparence, semble sûre d’elle, n’a pas sa langue dans sa poche et est un brin vulgaire. Elle porte en elle le tempérament du sud : elle vit haut et fort. Sa fille, elle, est tout l’inverse : devenue parisienne, elle a gommé son accent marseillais et cherche à être acceptée par la haute société qu’elle côtoie désormais. Entre elles, un gouffre. Et Raphaël, le compagnon de la fille, incarne à lui seul tout ce qui les oppose. Le grain de sable, dans une relation déjà éprouvée, qui va faire dérailler tout le reste… Sous ses airs légers et drôles, ce roman dit beaucoup : il dresse un portrait émouvant et fin des liens familiaux, des blessures qu’on tait, des rôles qu’on rejoue. L’écriture est vive, pleine d’humanité, de tendresse et d’ironie. On rit, on grince, on s’émeut et surtout, on ne lâche pas ce roman si touchant !

Adèle

  •  » La forêt de flammes et d’ombres » de Akira Mizubayashi, Gallimard, août 2025,

Sur les débris de la guerre et des tragédies qui en découlent, l’auteur nous propose un texte sublime, tout en douceur et tendresse. L’histoire se déroule principalement au Japon en pleine seconde guerre mondiale, ou trois amis se découvrent des liens indépassables : Ren et Yuki, jeunes artistes peintres en formation et Bin, violoniste en devenir. Déboussolés puis meurtris par la guerre, ils vont dépasser les drames pour s’écrire un futur en commun où l’art prendra toute sa part. Un roman classique et élégant, délicat, pour prendre un bol d’air d’humanité.

Pascal

  • « La nuit au cœur » de Nathacha Appanah, Gallimard, août 2025,

Des trois histoires, terribles et vraies, que Nathacha Appanah entrecroise dans ce livre, on aura au mieux lu des articles dans les rubriques faits divers. Mais cela, ce n’est rien. C’est ici la voix de la femme qui aurait pu mourir, et la plume de l’écrivaine qui s’efforce de dire, qui s’allient pour trouver le ton juste, clair, et forcément grave, afin de parler pour et par celles qui ne l’ont pas pu, « dans l’espoir de la vérité, et dans la peine des choses perdues ». Un texte fort, violent malgré lui, immensément courageux.

Lucie

  • « La ou les étoiles tombent » de Cédric Sapin-Defour, Editions Stock, août 2025,

Cédric Sapin-Defour nous offre un récit intime et bouleversant. Confronté à un terrible accident et à la menace de perdre sa compagne, il explore l’amour, la douleur et l’espoir qui naissent au cœur de cette épreuve. Grâce à une écriture à la fois intime et puissante, l’auteur saisit l’essence des liens humains, la fragilité des rêves et la beauté de la vie. Impossible de rester indifférente face à ce livre poignant !

Adèle

  • « Eclaircie » de Carys Davies, La Table Ronde, août 2025,

Un petit bijou où la nature et les hommes se côtoient, dans le silence et la force. Au large de l’Irlande, une minuscule île fouettée par les vents, habitée par un homme seul accompagné de sa vache et quelques moutons. La rencontre avec un pasteur échoué sur la plage va tout bousculer… Un roman où les non-dits et les mensonges viennent tout ébranler, porté par l’écriture fine de Carys Davies qui transmet l’essence même des choses avec poésie et profondeur.

Adèle

  • « La cabane dans les arbres » de Vera Buck, Gallmeister, août 2025,

La forêt suédoise, ses grands arbres mutli-centenaires, ses lacs à l’eau pure, ses animaux sauvages en liberté, ses cabanes rouges où passer du bon temps autour d’un feu de bois…Oubliez tout ça ! Vera Buck transforme cette forêt calme et paradisiaque en une forêt dévoreuse d’enfants. Un enfant disparaît, un vieux squelette est retrouvé enterré, la police patauge, les parents s’écharpent, de vieux camarades se retrouvent pour mieux se détester, bienvenue au fin fond de la forêt suédoise dans ce thriller implacable.

Pascal

  • « L’oreille absolue » de Agnès Desarthe, Edition de l’olivier, août 2025,

Agnès Desarthe a composé une galerie de portraits comme autant de mouvements d’une symphonie à la fois drôle et élégante. Ou comment la musique réunit les esseulés, répare les blessures les plus profondes, réjouit même les cœurs tristes. On se régale de la finesse et de l’impertinence de son écriture, on rit volontiers, l’émotion n’est jamais loin.

Lucie

  • « Trois fois la colère » de Laurine Roux, Editions du Sonneur, août 2025,

Une jeune fille tue son grand-père en pleine bataille : un coup d’épée, implacable et furieux. Pourquoi, déguisée en écuyer, commet elle ce meurtre ? Une plongée dans le Moyen-âge, où les destins sont inextricablement liés et où les mensonges resurgissent toujours… Mais s’il est question de violence, il est aussi question d’amour fou, de beauté sauvage et de liberté farouche : un roman puissant où l’écriture de Laurine Roux nous submerge d’émotions. Magnifique !

Adèle

  • « Quitter la vallée » de Renaud de Chaumaray, Gallimard, août 2025,

Tout commence par trois histoires distinctes : une femme et son fils fuient un mari et père violent, une fille et son père tentent de maintenir le lien et un jeune paysan s’amourache d’une belle enseignante, et tout finira par s’entremêler. En usant d’une très belle langue, et d’une narration tirée au cordeau, l’auteur questionne l’âme humaine, nos choix et nos hésitations, dans un Périgord majestueux fait de forêts, de rivières et de grottes mystérieuses…Superbe !

Pascal

  • « La volonté de Ran », de Peder Frederik Jensen, Gallmeister, juin 2025,

Hiver 1872 sur les côtes danoises, un terrible raz de marée emporte un village de pécheurs et la plupart de ses habitants. « Le marin », un homme solitaire et rude installé depuis peu sur une petite colline avoisinante en réchappe et découvre sur les flots l’isolant un coffre de bois contenant un bébé. La rencontre avec ce petit être qu’il va sauver et abriter va bouleverser la vie du marin. De leur côté les survivants et les autorités locales vont voir cela d’un mauvais œil…Dans un Danemark alors marqué par les superstitions, la dureté de la vie des campagnes côtières, l’auteur nous propose une rencontre majestueuse et bouleversante. Porté par une très belle écriture, une nature hostile et implacable, voilà un grand roman nordique qui louvoie entre noirceur et lumière…

Pascal

  • « Everglades » de R.J. Ellory, Sonatine, avril 2025,

Floride, années 70. Blessé lors d’une opération de police, Nelson ne peut plus exercer en tant qu’adjoint au shérif. Il se reconvertit en surveillant pénitentiaire, et atterrit à la prison de South Central. Il découvre, et nous avec lui, le quotidien difficile et l’atmosphère si particulière de cette prison dont les règles lui échappent parfois. Alors qu’il commence une nouvelle vie, personnelle et professionnelle, les doutes et les questionnements prennent une place de plus en plus grande dans sa vie… doit-on toujours se taire, et obéir aux ordres ? Un livre fascinant, sombre et profondément humain.

Lucie

  • « Le Duc » de Matteo Melchiorre, Métailié, avril 2025,

Pendant des siècles, la famille Cimamonte a administré le village de Vallorgana comme son fief, faisant entretenir les bois et cultiver les champs par les habitants. De nos jours, son unique et dernier descendant se retire dans la Villa de ses ancêtres, espérant y goûter repos et tranquillité. Si les mœurs ont bien changé, les rancœurs et le ressentiment ont la vie dure dans ce petit village de montagne, et celui que l’on surnomme avec mépris Le Duc se retrouve entraîné dans une lutte violente pour l’honneur, et peut-être bien davantage. Chronique d’une tragédie annoncée, ce roman aux accents philosophiques évoque Giono et Buzzati.

Lucie

  • « Moi qui n’ai pas connu les hommes » de Jacqueline Harpman, Stock, avril 2025,

Un groupe de femmes enfermées. On ne sait où, on ne sait pourquoi. Ce roman intrigue autant qu’il questionne, et les réponses ne sont pas ce qui importe. A mi-chemin entre La servante écarlate et Le mur invisible, la puissance de ce roman réside dans le groupe sororal que forment ces 40 femmes, dans la force qu’elles puisent les unes auprès des autres. Un texte fulgurant qui se lit d’une traite, comme un seul souffle.

Adèle

  • « La fille du grand hiver » de Isabelle Autissier, Paulsen, mai 2025,

Isabelle Autissier nous invite à découvrir la vie des inuits au début du 20ème siècle à travers la figure d’Arnarulunguaq, jeune femme au destin hors normes. Celle-ci sera effectivement choisie par Knud Rasmussen, grand explorateur danois, pour son expédition dans le grand nord canadien, et elle deviendra vite essentielle au groupe. Arnarulunguaq, dont la vie romanesque fut à l’image de celle de son peuple, une existence de souffrance et de privations mais aussi d’émerveillement, au plus proche de la nature, en connexion avec elle. Participez à ce court mais très beau voyage que fut sa vie et vous n’oublierez jamais la jeune femme forte qu’elle fut.

Pascal

  • « Henua » de Martin Ledun, Galliamard série noire, février 2025,

La mère de l’inspecteur Tepano Morel a beau être originaire des Marquises, c’est bien la première fois qu’il met les pieds à Henua Enana. Et ce n’est pas pour renouer avec la terre de ses ancêtres, mais bien pour résoudre une affaire de meurtre. Henua est un très bon roman policier à l’intrigue prenante, aux personnages attachants, qui est aussi un magnifique portrait des Îles Marquises et des Marquisiens, qui évoque à la fois leur histoire, leurs paysages et leurs traditions.

Lucie

  • « Loch noir » de Peter May, Rouergue Noir, mai 2025,

Fin Macleod est de retour sur les îles écossaises de sa jeunesse pour y résoudre un crime odieux dans lequel son fils Fionnlagh semble impliqué. Caitlin Black la jeune fille retrouvée morte dans les eaux du Loch noir est connue de tous ici et l’enquête s’avère compliquée tant tout le monde se connaît dans les îles. Pour Fin Mcleod le retour au pays s’annonce sombre. Derrière les passions de jeunesse, les vieilles rancœurs et les secrets du passé, sous la pluie implacable, l’océan rageur et la beauté des lieux, un roman policier poignant.

Pascal

  • « Balanegra » de Marto Pariente, Gallimard série noire, avril 2025,

Coveiro était tueur à gages, le voici désormais gardien de cimetière. Lorsque son neveu autiste, dont il a l’entière responsabilité, disparaît mystérieusement, il s’engage dans une chasse à l’homme dont il compte bien ne pas rentrer bredouille, quitte à faire des dégâts… Mais n’aurait-il pas affaire cette fois-ci à plus coriace et déterminé que lui ? Les personnages de Marto Pariente ont ce petit quelque chose de drôle et d’attachant qui rend ses romans, pourtant très noirs, vraiment addictifs !

Lucie

  • « Kilomètre 360 » de Albert Meige, Guérin, avril 2025,

Albert Meige est ultra traileur, méconnu car ne faisant pas partie de l’élite de son sport, mais soucieux de nous le présenter avec soin, précision et passion. L’auteur a couru la Swisspeaks 360 en 2023 et c’est cette expérience incroyable (360 kilomètres et 26 000 mètres de dénivelé à travers les Alpes suisses) qu’il nous raconte ici de l’intérieur. Le récit nous capte aisément car l’épreuve est impressionnante, et il associe avec réussite ses expériences passées à celle-ci pour nous faire mieux connaître à la fois l’aspect technique et psychologique de ces courses hors normes. Et le tout sans manquer de talent d’écriture et d’un joli sens de la formule. Une réussite, pour amateur de courses en montagne.

Pascal

  • « Impératrice des airs » de Pete Fromm, Gallmeister, avril 2025,

Flea a été élevée par son père depuis que sa mère a quitté le domicile alors qu’elle n’était qu’un bébé. Entourée d’amour et de joie, elle n’a jamais envisagé de quitter ses repères, ceux qu’elle aime et qui font d’elle la jeune femme qu’elle est. Malgré tout, à l’aube de sa vie d’adulte, Flea pressent que le moment est venu de penser à un avenir à elle seule — quand bien même cette perspective l’effraie autant qu’elle l’appelle. Cela semble être le moment opportun pour retrouver sa mère et les mystères qui l’entourent… Pete Fromm nous livre un roman lumineux, emprunt d’humanité et de tendresse, avec des personnages attachants et authentiques. Un texte qui (re)donne foi en l’humain et en la vie !

Adèle

  • « Chants de l’Arctique Tome 2 – Sans rivage » de Ingeborg Arvola, Paulsen, mars 2025,

Enfin nous arrive le deuxième tome des « Chants de l’Arctique » où l’on retrouve la jeune Brita et la rude vie dans l’extrême nord de la Norvège du 19ème siècle. Brita est à nouveau confrontée à une vie de labeurs, aux règles de vie sévères de la communauté, et à son amour empêché avec Mikko. Cette plongée dans la vie nordique du 19ème est toujours très documentée, le texte est très beau tout comme la nature des lieux, et le tout nous emporte dans les tourments de Brita.

Pascal

  • « Bûcheron » de Mathias Bonneau, Editions du Seuil, mars 2025,

Fruit de douze années de bûcheronnage, douze saisons passées dans les bois, ce livre est un récit remarquable sur la vie de bûcheron, et une réflexion passionnante sur ce qui fait une forêt. Que ce soit par passion, par romantisme, par nécessité aussi, les êtres humains ont toujours entretenu un lien particulier avec les forêts. Celui de Mathias Bonneau tient de l’amour fou, de la malédiction, du sacerdoce, et quelque part aussi de l’engagement poétique. Extraordinaire !

Lucie

  • « L’inventaire des rêves » de Chimamanda Ngozi Adichie, Gallimard, mars 2025,

Adichie nous livre un roman choral emprunt de délicatesse et de force. Les 4 femmes qui se racontent évoquent leurs échecs amoureux en interrogeant les injonctions de la société, de leurs familles mais aussi en questionnant leurs envies profondes. Ces récits, entre Nigeria et Etats-Unis, dépeignent le fossé qui existe entre les deux continents, ainsi que la façon d’envisager la vie de femme noire aujourd’hui. L’inventaire des rêves est un texte d’une grande intelligence, subtil et éminemment riche.

Adèle

  • « Les piliers de la mer » de Sylvain Tesson, Albin Michel, avril 2025,

L’écrivain voyageur retourne en mer pour y pratiquer l’escalade, qu’il affectionne depuis toujours, et la fuite, le pas de côté, autres de ses pratiques chéries. Avec un compagnon guide émérite, ils partent aux quatre coins du monde afin d’y gravir les « stacks » ces piliers de la mer dont le plus connu en France est l’aiguille d’Etretat (photo de la couverture). Chacune de ces escapades vertigineuses est alors l’occasion de nous conter sa relation à la pierre, à la matière mais aussi son goût des lettres, sa vision du monde, ses questionnements… Un très beau voyage physique et littéraire. Quelle écriture !

Pascal

  • « Bleu d’août », de Deborah Levy, Les Editions du Sous-sol, avril 2025,

Elle s’appelle Elsa, ou peut-être Ann. Elle est une grande pianiste, de renommée internationale, mais ne souhaite plus désormais que donner des cours particuliers. Sur un marché d’Athènes, à la terrasse du Café de Flore, et à Londres, elle croise son double. En quelques semaines à peine, tout semble vaciller dans sa vie pourtant réussie ; mais qu’est-ce qu’une vie réussie ? Deborah Levy sème le trouble, du bleu, et des doutes dans ce roman vaporeux, où résonne une lointaine mélodie, empreinte d’inquiétude et d’étrangeté. Et c’est si beau…

Lucie

  • « Mon vrai nom est Elisabeth », de Adèle Yon, Les Editions du Sous-sol, février 2025,

Ce récit est la quête d’un fantôme, une figure énigmatique de la famille de l’autrice : son arrière-grand-mère, internée pendant 17 ans en hôpital psychiatrique car jugée « folle ». Alors qu’elle-même craint de le devenir, folle, elle va tenter de démêler l’histoire de cette aïeule, s’efforcer de comprendre qui elle était et quelle place elle occupait dans cette famille. Un livre bouleversant sur la voix des femmes, la quête de liberté, la folie et la place que l’on occupe dans la société lorsque l’on est réduite au silence. A lire absolument !

Adèle

  • « Sunday morning » de Shaïne Cassim, Editions de l’Olivier, mars 2025,

Rosie-Lane n’est pas de celles qui se laissent faire. C’est pour cette raison qu’elle souhaite ardemment quitter Ici-bas, la communauté religieuse à laquelle elle appartient depuis sa naissance. Sa liberté de penser lui a vite fait prendre conscience que cette communauté n’est autre qu’une secte, quoi qu’en disent ses proches. Avec une écriture incisive et poétique, Shaïne Cassim s’interroge sur le retour à la vie après un traumatisme. Terriblement humain !

Adèle

  • « La pommeraie » de Peter Heller, Actes Sud, mars 2025,

Tout en douceur, La Pommeraie vous offre un moment de lecture comme une échappée hors du temps, nimbé de la lumière de l’enfance, imprégné de la saveur sucrée des souvenirs. Bercé par la délicatesse de la poésie chinoise et la musique du vent dans les pommiers du Vermont, on tombe sous le charme de ce duo mère-fille détonant, de l’écriture mélancolique et espiègle de Peter Heller, et de la fabuleuse traduction de Céline Leroy.

Lucie

  • « Le dieu des bois » de Liz Moore, Buchet-Chastel, mars 2025,

Lorsque Barbara Van Laar disparaît alors qu’elle participait pour la première fois à une colonie de vacances, c’est tout le camp Emerson qui tremble : cette disparition ravive des souvenirs douloureux. Le jeune frère de Barbara s’est déjà évanoui dans la nature il y a 15 ans, et n’a jamais été retrouvé… Les deux affaires semblent se faire péniblement écho. Nous plongeons alors dans les secrets des uns et des autres, où personne ne semble épargné. Les points de vue s’enchainent dans ce roman à la structure parfaitement maîtrisée et au suspense grandissant. La nature réserve bien des surprises…

Adèle

  • « Piège à loup » de Aslak Nore, Le Bruit du Monde, mars 2025,

Un grand roman d’espionnage qui se déroule durant la deuxième guerre mondiale principalement en Allemagne et en Norvège. Deux anciens champions de voile, héros des Jeux Olympiques de Berlin en 1936 vont se retrouver face à face, l’un Werner Sorge, allemand, est devenu un cadre des SS et l’autre Henry Storm, norvégien, après avoir combattu pour les allemands sur le front de l’Est est entré dans la résistance norvégienne. Voilà un roman mené tambour battant, entre polar et roman d’espionnage, riche de nombreux faits historiques, passionnant !

Pascal

  • « La nuit ravagée » de Jean-Baptiste Del Amo, Gallimard, mars 2025,

Dans un paisible lotissement de la banlieue toulousaine, cinq adolescents voient leur vie tourner au cauchemar à compter du jour où ils franchissent la porte d’une maison abandonnée… « La nuit ravagée » est un remarquable hommage aux romans et films d’horreur, mais aussi un roman intense et troublant sur les angoisses et les désillusions d’une époque, d’une classe sociale, d’une génération. Les fans de Stephen King et les inconditionnels de Freddy Krueger vont à coup sûr se régaler !

Lucie

  • « Les filles de la famille Stranger » de Katherena Vermette, Albin Michel, février 2025,

Trois générations de femmes nous racontent leur histoire. A travers leurs voix qui s’entremêlent, c’est le destin de toutes les femmes autochtones au Canada qui se dessine sous nos yeux : la pauvreté, la violence, la dureté de vies non choisies. Mais c’est aussi l’intensité des liens familiaux et la force insoupçonnée que l’on trouve en soi. Un roman saisissant et essentiel sur la transmission familiale, l’héritage des blessures, le racisme sociétal.

Adèle

  • « Classée sans suite » de Katrine Engberg, Fleuve noir, février 2025,

Lorsque Liv Jenson reçoit la proposition d’un ancien collègue de se pencher sur une affaire classée non résolue, elle n’hésite pas une seconde. Sa nouvelle carrière de détective privée peine à décoller et commence déjà à l’ennuyer… Elle vient à peine de s’installer à Copenhague, et ses journées semblent interminables. L’affaire en question remonte à quatre ans : un journaliste retrouvé mort dans son appartement. Méticuleuse et attentive au moindre détail, Liv est convaincue qu’elle peut résoudre cette enquête. Mais elle ignore jusqu’où cette investigation pourrait la mener… Un roman choral où les personnages, tourmentés et emplis de nuances, plongent le lecteur dans une ambiance typiquement danoise.

Adèle

  • « Les saules » de Mathilde Beaussault, Le Seuil cadre noir, janvier 2025,

Dans ce petit village breton on n’a pas l’habitude de trop causer, de trop s’occuper des affaires de ses voisins surtout entre ceux d’en haut et ceux d’en bas…Mais quand la jeune Marie est retrouvée assassinée au bord de la rivière, chacun y va de ses rancœurs. Un brillant huis clos en monde rural, sous la forme d’une enquête complexe tant chacun semble ici sur ses gardes. Les personnages sont très bien campés, l’ambiance rurale et noire parfaitement rendue dans cet excellent premier roman !

Pascal

  • « Dead Mountain. Les morts mystérieuses de l’Oural » de Donnie Eichar, Le Cherche Midi, février 2025,

La disparition de neuf étudiants alpinistes sur les pentes du Mont Oural en février 1959 à fait grand bruit. Des années durant diverses tentatives d’explications plus ou moins farfelues ont été débattues. L’auteur est parti durant l’hiver 2012 sur les traces des alpinistes afin d’élucider le mystère. D’un chapitre à l’autre on suit soit les alpinistes en chemin vers leur destin funeste soit l’auteur et sa petit équipe à la recherche de la vérité. Un récit passionnant sur un fait historique plein de mystères et jamais vraiment élucidé.

Pascal

  • « Rappel à la vie » de David Park, La Table Ronde, février 2025,

Les cinq personnages de ce court roman se retrouvent dans un club de course à pied « du canapé au 5km ». Chacun ayant décidé de se mettre en mouvement pour dépasser, non pas son voisin, mais ses propres tourments. Le roman est court mais brillant, subtil, drôle et émouvant, le lecteur s’attache facilement à ces cinq destins à la croisée des chemins.

Pascal

  • « La longe » de Sarah Jollie-Fardel, Sabine Wespieser Editions, janvier 2025,

Difficile de parler de ce texte surprenant tant la douceur y côtoie la violence, l’amour n’est jamais loin de la douleur la plus folle, et le chemin de la guérison y semble si rude, presque insurmontable …Sa grande beauté réside dans une fragilité mêlée d’une puissance infinie, dans son écriture directe, vivante et poétique.

Lucie

  • « Perle » de Sian Hughes, Le Bruit du Monde, février 2025,

Marianne n’a que 8 ans quand sa mère se volatilise. Devenue adolescente, puis jeune adulte et enfin mère, elle se débat parmi des souvenirs qui apparaissent et disparaissent à leur convenance : des moments de son enfance dans la campagne anglaise, les comptines et histoires qu’affectionnait sa mère, et ce culte presque païen des objets trouvés, des restes, de la nature. Perle est un très beau roman sur le deuil, sur la famille, sur les traces que l’on trouve et que l’on garde pour se construire et écrire, malgré le manque, sa propre histoire.

Lucie

  • « Les routes de la soif. Voyage aux sources de la mer d’Aral » de Cédric Gras, Stock, janvier 2025,

La mer d’Aral s’assèche, et en quelques décennies celle qui fut l’une des plus vastes étendues d’eau au monde laisse place à un désert. Cédric Gras, écrivain voyageur passionné par l’Est, est allé sur place parcourir les quelques 2500 kilomètres tout au long de l’Amou-Daria, principal fleuve pourvoyeur d’eau de la mer d’Aral jusqu’à sa source dans les hautes montagnes du Pamir pour comprendre le phénomène. Il nous raconte son cheminement, ses rencontres, ses réflexions et nous sortons abasourdis de découvrir comment l’homme détruit sans vergogne ce que la nature lui a porté de plus essentiel : l’eau. Un périple passionnant à la rencontre de peuples assoiffés des pays de l’Est bordant le fleuve et la triste mer d’Aral.

Pascal

  • « Ta promesse » de Camille Laurens, Gallimard, janvier 2025,

Mais pourquoi la narratrice de ce roman raconte-t-elle son histoire d’amour à son avocate ? Que s’est-il passé avec cet homme qui lui a fait vivre la plus intense des passions ? Camille Laurens compose comme un thriller ce roman qui traite brillamment de la déception amoureuse, du déni, de la trahison, de l’aveuglement, de l’emprise aussi. Ta promesse est tout simplement impossible à lâcher !

Lucie

  • « Un avenir radieux » de Pierre Lemaitre, Calmann-Lévy, janvier 2025,

Quel plaisir de retrouver les pérégrinations de la famille Pelletier au grand complet dans cette France de l’après guerre, en pleine période de guerre froide. On suit plus particulièrement François cette fois-ci, journaliste et espion français néophyte…A nouveau chacun des membres de la famille va devoir sortir de situations parfois comiques, parfois dramatiques, la vie en fait sous la plume d’un de nos meilleurs raconteurs d’histoires, Pierre Lemaitre. Un régal !

Pascal

  •  » Juno et Legs » de Karl Geary, Editions de l’Olivier, février 2025,

Au milieu de leurs vies mornes et teintées de malheur, Juno et Legs vont se rencontrer et unir leurs détresses pour faire de leur amitié une lueur d’espoir. Comment croire en une vie meilleure quand notre existence est misérable, ponctuée de coups et la faim au ventre ? Ensemble, ils peuvent tout affronter et créer un rempart face à la violence des adultes qui les entoure. Ce roman nous laisse entrevoir le quotidien de gamins esseulés dans l’Irlande des années 80, avec une justesse frappante grâce à une écriture sensible et pleine d’humanité.

Adèle

  • « Les terres indomptées » de Lauren Groff, Editions de l’Olivier, janvier 2025,

Nous sommes au XVIIe siècle, sur un territoire vaste et hostile que l’on appelle alors le Nouveau Monde. Une jeune femme s’enfuit du fort assiégé où, comme les autres colons venus d’Europe, elle était en train de mourir de faim. Nombreux sont les dangers qui l’attendent : des poursuivants, le froid glacial, l’absence de nourriture, de féroces prédateurs, la solitude aussi… Les terres indomptées est un fascinant roman d’aventures, noir et féroce, virtuose et sauvage. L’écriture lumineuse de Lauren Groff est comme le feu qui réchauffe, apaise, et hypnotise son héroïne.

Lucie

  • « Après » de Raphaël Meltz, Le Tripode, janvier 2025,

Voilà une très belle réponse d’écrivain à cette effrayante et sempiternelle question : qu’y a-t-il, après ? Et si…. ? Et puis… Il faut se laisser bercer par la douceur, se laisser envelopper par les sensations, avancer doucement dans ce texte qui propose une forme littéraire de consolation à l’absence définitive, au chagrin présent pour toujours.

Lucie

  • « Cairns » de Martin Baldysz, Paulsen, janvier 2025,

Voilà un très court roman qui tient du conte nordique, dépaysant et sombre à souhait. Dans une contrée isolée de Norvège, peut être au 19ème siècle, un pasteur et un berger solitaire partent en montagne à la recherche d’une jeune femme meurtrière. Celle-ci aurait tué un homme violemment sans que le mobile du meurtre soit bien clair et s’est enfuit en montagne. Nous allons passer du temps avec les deux hommes dans leur recherche de la femme et de la vérité. Une quête ou règne l’isolement, le froid, la nature la plus sauvage, sur les traces des errements des hommes.

Pascal

  • « La spirale du milan royal » de Vincent Maillard, Philippe Rey, janvier 2025,

Un plaisir de lecture. Voilà un roman riche qui mélange les genres et les pistes : tantôt on rit, tantôt on s’émeut, tantôt on est porté par l’intrigue et la résolution de l’enquête, au final on ne s’y ennuie jamais. L’histoire ? Une famille qui se retrouve chaque année à la même date pour honorer un fils décédé trop jeune part en croisière sur un paquebot et va être mêlé à la mort d’une jeune femme qui saute du bateau et disparaît dans les flots. La construction du roman est parfaite pour nous tenir en haleine sans nous perdre, et nous emporte de la mer aux falaises ardéchoises.

Pascal

  • « Le jour des corneilles » de Jean-François Beauchemin, Québec Amérique, janvier 2025

C’est une merveille qui nous vient tout droit du Québec, un livre culte à découvrir absolument ! Elevé à la dure dans la forêt par un père brutal et peu disert, le jeune héros de ce roman s’est inventé un langage pour décrire le monde sauvage qui l’entoure. Sa confrontation brutale avec la société des hommes lui fera découvrir ce que l’humanité a de plus beau mais aussi de plus cruel. Un conte sauvage et poétique, plus lumineux qu’il n’y paraît.

Lucie

  • « Le volume du temps » 3 tomes, de Solvej Balle, Grasset, janvier 2025,

Si vous cherchez une œuvre unique et captivante, qui mêle fantastique, philosophie et psychologie; si vous vous demandez de quoi est fait le temps, comment nous le gagnons, pourquoi nous le perdons, et quand il cessera enfin de vous manquer…alors jetez vous sur « Le volume du temps »! Grand coup de cœur pour cet ovni littéraire en 7 tomes venu du Danemark !

Lucie

  • « La glorieuse vengeance de Maude Horton » de Lizzie Pook, Gallmeister, janvier 2025,

Londres 1850, la jeune Maud Horton apprend que sa soeur Constance est décédée lors d’une expédition polaire à laquelle elle avait pu participé travestie en homme. Les conditions obscures du décès ne convainquent pas Maud qui va alors s’échiner à découvrir la vérité et venger sa soeur. Un grand roman d’aventures en pleine époque victorienne qui nous fait découvrir un Londres en ébullition et les grandes expéditions maritimes arctiques.

Pascal

  • « Le chant du prophète » de Paul Lynch, Albin Michel, janvier 2025,

Très très grand coup de coeur pour ce roman qui réalise une véritable prouesse littéraire : rendre l’impossible à la fois probable, concevable et palpable. C’est ici l’instauration d’une dictature en Irlande que nous vivons avec les yeux, le coeur et les tripes d’Eilish, mère de famille dont le mari est arrêté par la police politique, et qui fait son possible pour protéger ses enfants de l’injustice, de la violence et de la barbarie qui enhavissent, lentement mais inexorablement, leur quotidien. L’écriture, dense et tendue, renforce encore la puissance du propos. Magistral !

Lucie

  • « Mauvais œil » d’Etaf Rum, Les Editions de l’Observatoire, janvier 2025,

Yara enseigne l’art à l’université à temps partiel, s’occupe de ses deux filles, de son mari, de son logement… Être une bonne mère, une bonne épouse, une bonne femme d’intérieur lui prend tout son temps et son énergie : Yara n’y arrive plus. Entre une histoire familiale complexe et douloureuse, un mari fuyant et une culture communautaire qui l’oppresse, Yara n’a pas appris à se connaître et se comprendre. Mauvais œil raconte le chemin d’une guérison lente et semée d’embûches, entre choc des cultures et pouvoir de l’art.

Lucie

  • « Le temps d’après » de Jean Hegland, Gallmeister, janvier 2025,

Il y a quelques années sortait en France un fabuleux roman : « Dans la forêt » par Jean Hegland. On retrouve avec plaisir les deux héroïnes Nell et Eva, qui vivent maintenant depuis plusieurs années dans la forêt, isolées d’un monde qui s’est effondré. Si les deux jeunes femmes ont accepté de vivre à l’écart de la fureur et des hommes, leur jeune fils Burl qui n’a lui pas connu la vie d’avant, a soif d’en savoir plus sur ce monde disparu et rêve de rencontrer d’autres personnes. Entre les deux femmes, protectrices, aimantes mais survivantes et méfiantes et Burl fougueux et désireux de découvrir le monde un écart se creuse. La forêt protectrice et nourricière deviendra à nouveau lieu de tensions et de drames…

Pascal