Coups de cœur 2024

Et voici dans l’ordre de sortie des livres, nos coups de cœur pour cette nouvelle année et maintenant cette rentrée littéraire 2024…

  • « Jaws, les dents de la mer » de Peter Benchley, Gallmeister, novembre 2024,

Une superbe réédition du roman « Les dents de la mer » en coffret luxe avec photos, interview de l’auteur…pour se plonger dans ce livre effrayant dont a été tiré le film culte de Spielberg en 1974. Le roman est plus complexe que le film qui est centré sur les attaques du grand requin blanc et sa chasse, à (re)découvrir donc avec plaisir et nostalgie.

Pascal

  • « En attendant le déluge » de Dolores Redondo, Gallimard, août 2024,

De l’Écosse au Pays Basque espagnol, un inspecteur qui n’a plus que quelques mois à vivre se lance sur les traces d’un tueur en série dont il est le seul à soupçonner l’existence… De fausses pistes en rebondissements, Dolorès Redondo signe un polar efficace et rythmé au coeur des années 80, des troubles poltiques et des luttes indépendantistes.

Lucie

  • « Alors c’est bien » de Clémentine Mélois » Gallimard, août 2024,

Clémentine Mélois raconte les derniers mois de la vie de son père, artiste fantasque, homme brillant, père aimant. Ce livre est un magnifique hommage à la vie de cet homme, et une sublime déclaration d’amour d’une fille à son père. Un livre que l’on lit le sourire aux lèvres, et les larmes aux yeux.

Lucie

  • « Une tombe pour deux », de Ron Rash, Gallimard, octobre 2024,

Sublime roman noir américain dans lequel, pendant la Guerre de Corée, une famille de commerçants manigance pour reprendre le contrôle de la vie de son fils alors que celui-ci est sur le front. Comment ne pas penser à Giono, Steinbeck ou encore Faulkner dans cette tragédie familiale rurale menée de main de maître ? Grandiose !

Lucie

  • « Mémoires sauvées de l’eau » de Nina Léger, Gallimard, août 2024,

Oroville, en Californie, est une ville née d’une pépite d’or. Depuis le XIXe siècle, des hommes y ont afflué pour faire fortune, modifiant les paysages, malmenant la rivière. De nos jours, une jeune géologue se passionne et s’interroge sur l’histoire de ce territoire, faite de ravages, de massacres, de destinées héroïques et tragiques. Et sur le lien secret avec sa propre histoire familiale. Voilà un très beau roman, réécriture du mythe de la Ruée vers l’Or, à la construction originale et à l’écriture aussi puissante que subtile.

Lucie

  • « Bien-être » de Nathan Hill, Gallimard, août 2024,

Elizabeth et Jack se rencontrent dans le Chicago des années 90. Ils sont jeunes, libres, rebelles, amoureux, se marient et se promettent de rester ainsi toute leur vie… mais vingt ans plus tard, que reste-t-il ? Cette comédie douce-amère dissèque avec intelligence et beaucoup d’humour les travers contemporains qui s’insinuent dans nos vies et nos histoires d’amour : gentrification, réseaux sociaux, culte de la réussite et du développement personnel… tout y passe ! Un grand roman américain à mettre entre toutes les mains !

Lucie

  • « Coyotte » de Sylvain Prudhomme, Editions de Minuit, octobre 2024,

Récit d’un voyage en stop le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, « Coyote » est un portrait sensible, poétique et parfois rêveur de l’Amérique de Trump, où les conversations menées avec les conducteurs ont la part belle. Ce texte nous parle certes de politique, mais aussi de rencontres, de paysages, et surtout de notre part irréductible d’humanité.

Lucie

  • « Boucher » de Joyce Carol Oates, Philippe Rey, octobre 2024,

Âmes sensibles s’abstenir ! Le nouveau livre de la grande romancière américaine Joyce Carole Oates, comme son titre et sa couverture semblent l’indiquer, est particulièrement dérangeant, âpre, saignant mais quel roman ! Elle nous y conte l’histoire du Docteur Silas Weir, directeur de l’asile de femmes du New Jersey au 19ème siècle qui va expérimenter sur ses patientes toutes sortes de pratiques médicales dans le but de les soigner, de faire progresser la médecine et d’obtenir la reconnaissance de ses pairs…La notion de bien et de mal est pervertie. Un roman passionnant, à la construction chirurgicale, ou l’on s’attache à chacunes de ces femmes, qui ne laisseront personne insensible !

Pascal

  • « Les merveilles » de Viola Ardone, Albin. Michel, août 2024,

Elba est née dans un hôpital psychiatrique à Naples dans les années 80. Sa mère, internée et laissée seule depuis sa grossesse par son compagnon, plonge peu à peu dans la folie à cause des traitements, des enfermements et des mauvais traitements. Pour lui éviter le même sort que sa mère, les médecins l’envoient dans un couvent pour son éducation. Mais dès ses 15 ans, la jeune femme revient à l’hôpital, cependant sa mère est morte lors d’une séance d’électrochocs. Elba continue à vivre parmi les patientes qu’elle connaît bien avec des habitudes réglées comme du papier à musique. Jusqu’au jour où un nouveau médecin, à l’esprit plus ouvert et aux techniques modernes vient bouleverser la vie de l’hôpital. Elba, bien que très saine d’esprit, arrive à se faire passer pour folle pour éviter de se retrouver en dehors de l’enceinte, seule et sans argent. Mais le médecin voit le stratagème et est bien décidé à lui donner une seconde chance.

Émilie

  • « Houris » de Kamel Daoud, Gallimard, août 2024,

Aube a survécu à la guerre civile algérienne des années 90. Aujourd’hui, elle est enceinte et elle raconte sa vie à sa fille, ces années noires et les traumatismes qui en ont découlé. Un véritable périple entre l’Algérie des années 90 et celle de juin 2018, entre Oran et le village natal d’Aube. Dans une Algérie meurtrie qui impose une amnistie nationale, le parcours de cette jeune femme nous transporte et nous instruit. Un roman bouleversant.

Alice

  • « Les enfants du large » de Virginia Tangvald, JC Lattès, août 2024,

Virginia Tangvald est née sur un bateau au milieu des mers d’un père navigateur disparu en mer et d’une mère qui a préféré rapidement quitter le bord et se mettre à l’abri avec sa fille… C’est un travail d’enquête qui a mené l’autrice à écrire ce livre ou elle nous propose de la suivre durant ses recherches à travers le monde, sur les traces de ce père énigmatique, à la fois héros libertaire pour les uns et personnage infréquentable pour les autres. Virginia Tangvald a un besoin impérieux de connaître l’histoire de ce père, de ses femmes et divers enfants, ses frères et sœurs, et ira jusqu’au bout du monde et de ses forces pour apaiser ses fantômes. Mon père ce héros, navigateur libre mais homme bien sombre…

Pascal

  • « Célèbre » de Maud Ventura, L’Iconoclaste, août 2024,

Qui n’a jamais rêvé de devenir célèbre ? De pouvoir vivre de son talent et de sa passion ? De côtoyer les stars d’Hollywood ? Pour Cléo Louvent, la célébrité n’est pas une chimère lointaine, mais sa destinée. Et elle sera une chanteuse connue et reconnue grâce à ses efforts, son travail et sa volonté. Sadique, psychorigide, effrontée et implacable, Cléo se dirige tête baissée vers la gloire et la reconnaissance. Mais jusqu’où est-elle prête à aller pour s’assurer de sa supériorité ? Maud Ventura réussit avec brio ce deuxième roman, qui nous tient en haleine jusqu’au bout, avec un personnage principal parfois détestable !

Émilie

  • « Les guerriers de l’hiver » d’Olivier Norek, Michel Lafon, septembre 2024,

Habitué des romans policiers, Olivier Norek sort des sentiers battus et nous propose ici un grand roman de guerre à hauteur d’homme. Quand le 30 novembre 1939, l’ogre russe s’attaque à la petite et fragile jeune démocratie finlandaise, Staline pense en finir en 10 jours. Erreur ! Le peuple finlandais fait front et propose une résistance féroce à son terrible voisin. Le roman s’attache à quelques personnalités marquantes de cette guerre hivernale, notamment Simo Häyhä, jeune paysan devenu tireur d’élite et gloire nationale, et nous propose une leçon de courage aux résonances bien actuelles.

Pascal

  • « La vie meilleure » de Etienne Kern, Gallimard, août 2024,

Le précédent livre d’Etienne Kern, Prix Goncourt du Premier Roman, nous faisait découvrir Franz Reichelt, un illuminé passionné jusqu’auboutiste qui a tenté d’inventer le parachute et qui ne s’en est pas remis ! C’est à nouveau ce type de héros à la fois pathétique et terriblement attachant que l’on découvre dans ce nouveau roman : Emile Coué inventeur de la fameuse méthode Coué ! L’histoire de cet homme dévoué à sa méthode : l’autosuggestion pour se porter mieux, toujours en recherche du meilleur pour les autres nous est contée avec beaucoup de tendresse par l’auteur, d’une très belle plume et les passerelles avec son expérience personnelle fonctionnent très bien. Un beau roman très plaisant à lire…

Pascal

  • « Le rêve du jaguar » de Miguel Bonnefoy, Editions Rivages, août 2024,

Miguel Bonnefoy est un fabuleux conteur, il a une facilité à nous emporter avec lui à travers ses textes dans des contrées éloignées. Originaire du Venezuela, c’est de son pays dont il est question ici, un pays traversé de heurts, un pays de violence et de misères mais aussi est surtout un pays de couleurs, de fraternité, de luttes et d’amour. Deux personnages principaux traversent ce roman lumineux et un 20eme siècle de bouleversements au Venezuela , Antonio abandonné bébé sur les escaliers d’une église et qui deviendra un des grands hommes du pays et sa rayonnante épouse, Ana Maria première femme médecin vénézuélienne. Un roman comme un voyage haut en couleurs au Venezuela.

Pascal

  • « Les enfants loups » de Vera Buck, Gallmeister, août 2024,

Dans le reculé et montagneux hameau de Jakobsleiter vit une communauté baptiste renfermée sur elle-même. Quand une jeune fille est victime d’un enlèvement, c’est la tranquillité apparente des habitants du hameau qui va être bouleversée. Surtout qu’il ne s’agit pas de la première disparition dans les montagnes environnantes… Qui sont ces baptistes qui vivent isolés à l’écart de toute modernité ? Quel est le rapport entre toutes ses disparitions aux enquêtes bâclées ? Quel rôle jouent les habitants du village de Almanen en contre bas du hameau dans cette histoire ? Chapitres après chapitres, en suivant les différents protagonistes dans ces lieux mystérieux on approche en tremblant de la terrible vérité…Un premier roman policier qui nous envoûte, captivant !

Pascal

  • « Traverser les montagnes et venir naître ici » de Marie Pavlenko, Les Escales, août 2024,

Mercantour, dans une maison isolée, sans voisin ni commerce à proximité, voilà le point de chute d’Astrid qui cherche un lieu où se perdre, mais aussi se reconstruire. Son rétablissement va être bouleversé lors de sa rencontre avec Soraya, une jeune migrante enceinte, qu’elle retrouve congelée dans la neige, une nuit particulièrement froide. Une histoire d’amitié, malgré une différence d’âge, de réconciliation, de détresse et de rédemption. La vie et la mort sont très proches dans ce roman aussi lumineux qu’il est douloureux. Très beau tour de force de Marie Pavlenko.

Émilie

  •  » Kodak Everest Pocket » de Nicolas Le Nen, Arthaud, mai 2024,

La grande question qui hante le monde de la haute montagne depuis 1924 : George Mallory et Andrew Irvine ont-ils atteint le toit du monde les premiers presque 30 ans avant Edmund Hillary et Tensing Norgay revient dans l’actualité avec ce très réussi roman de montagne. Nous suivons les pas de Césaire Chatel, guide à Chamonix qui s’est spécialisé dans la recherche d’objets divers oubliés ou perdus sur les sommets et qui va être contacté pour une mission périlleuse : retrouver l’appareil photo qu’Irvine et Mallory avaient pris avec eux pour atteindre l’Everest et que l’on n’a jamais retrouvé. Appareil pouvant détenir les photos d’un éventuel sommet atteint…Notre guide enquêteur va naviguer de Chamonix à Londres, en passant par Genève et bien entendu les pentes himalayennes à la recherche du fameux Kodak Vest Pocket…Une enquête passionnante, minutieuse, instructive qui nous ramène à l’époque des grandes premières.

Pascal

  • « Monique s’évade » de Edouard Louis, Seuil, avril 2024,

Après “Combats et métamorphoses d’une femme », Édouard Louis nous raconte de nouveau un pan de l’histoire de sa mère. Monique est pour la deuxième fois sous l’emprise de « l’autre », un soir, elle appelle son fils et la machine est en marche. Monique en a marre des poivrots, elle s’évade. Comment se reconstruire après avoir subit une nouvelle fois les mêmes souffrances ? Comment s’adapter dans une nouvelle vie loin de ses habitudes ? Édouard Louis nous raconte cela, comme à son habitude, sans détour, sans tabou et de manière apaisée.

Lou

  • « Nous y étions » de Annick Cojean, Grasset, avril 2024,

18 vétérans du D-Day, américains, anglais, canadiens, français mais aussi allemands nous racontent leur 6 juin 1944. Voilà un livre important sur ce qu’à été pour chacun d’eux ce qui restera le jour le plus marquant de leur histoire individuelle. Une lecture forte en émotions, épique et instructive sur le jour le plus long…

Pascal

  • « Katie » de Michael McDowell, Monsieur Toussaint Louverture, avril 2024,

On retrouve avec plaisir l’univers noir de l’auteur de Blackwater et des Aiguilles d’or dans ce nouveau texte. L’histoire se déroule sur une courte période à la fin du 19ème siècle principalement à New York et dans le proche New Jersey. Philomena Drax, une jeune femme qui vit seule avec sa mère dans une grande pauvreté va être confrontée à une famille composée de trois lugubres et dangereux personnages. Entre Philo et la fille de cette famille sordide, Katie, diseuse de bonne aventure quand elle n’assassine pas ses clientes, une course poursuite fatale va s’engager. Des bas quartiers miséreux à la haute société new-yorkaise, un vent maléfique souffle et quiconque croisera Katie aura affaire au Mal. Roman noir qui vous attrape et ne vous lâche pas jusqu’à sa dernière page !

Pascal

  • « Les chercheurs d’or » de Ariel Djanikian, Buchet-Chastel, avril 2024,

Descendante d’Alice Bush, héroïne de la ruée vers l’or du Klondike à la fin du 19ème siècle, l’autrice nous conte ici l’histoire d’Alice et des autres membres de sa famille à la fois héros découvreurs d’or devenus richissimes et pilleurs des terres indiennes du Grand Nord canadien. Le roman s’appuie sur la véritable histoire de cette conquête et le lecteur se trouve embarqué au plus près de cette épopée aussi dangereuse qu’incertaine. A la fois grand roman d’aventures, récit historique et en même temps réflexion sur l’origine de la fortune de ces chercheurs d’or et la place laissée aux autochtones, aux femmes, ce texte ambitieux et riche est passionnant.

Pascal

  •  » Col rouge » de Catherine Charrier, Calmann-Lévy, mars 2024,

Des Savoyards qui partent pour travailler à Paris dans le fameux hôtel Drouot, voilà la saga familiale passionnante que nous propose Catherine Charrier avec « Col Rouge ». L’histoire commence en 1860 avec Berthe et François, le premier couple a déménager dans la capitale pour sortir de la campagne et espérer vivre mieux grâce au très bon salaire des « cols rouges ». Nous suivons cette famille sur plusieurs générations, jusqu’en 2009, l’arrêt définitif de la confrérie des cols rouges, cette histoire mélangée à la grande Histoire, aux secrets de famille et une pratique interdite et très répandue parmi les cols rouges : la yape. Un roman historique fascinant et très bien construit, c’était un plaisir de découvrir cette partie de l’histoire savoyarde que je ne connaissais pas.

Émilie

  • « A perdre haleine » de Josie Shapiro, JC Lattés, mars 2024,

Avec ses 1m50 et sa dyslexie, Mickey Bloom n’arrive pas à se faire une place, ni dans sa famille, ni à l’école. Tout bascule le jour d’un cours d’EPS quand la jeune fille court sur le terrain et dépasse, sans beaucoup d’efforts, tous ses camarades de classe. Repérée par un coach et déterminée à atteindre un jour les Jeux olympiques, Mickey est prête à tous les sacrifices pour y parvenir. Dans ce roman qui donne une furieuse envie de chausser ses baskets à chaque page que l’on tourne, l’autrice nous donne un aperçu des difficultés des jeunes sportives pour percer et surtout survivre aux entraînements qui sont parfois extrêmes. Mickey est douée et ne pourra jamais se séparer de ce don, il ne lui reste plus qu’à trouver les meilleures personnes pour l’accompagner dans son rêve.. Un très beau roman.

Émilie

  • « Au coeur de l’hiver » de Jean-Marc Rochette, Les Etages Editions, mars 2024,

Jean Marc Rochette, auteur de superbes romans graphiques : Ailefroide, La dernière reine…part s’installer avec sa femme Christine, éditrice, dans un vieux chalet au fond d’une vallée isolée de l’Oisans. Après des années d’habitat en ville (Paris, Berlin…), il décide de s’éloigner du brouhaha et de se rapprocher de ce qui lui a toujours plu, la ou il a vécu ses jeunes années : la montagne. Le petit hameau ou ils habitent à l’année depuis 4 ans est coupé du monde durant les 4 à 5 mois d’hiver et le couple se retrouve alors isolé dans les montagnes. Le texte raconte cette expérience de vie, à l’écoute de la nature, au plus proche de la faune et la flore environnante, il est ponctué de quelques superbes dessins de l’auteur. L’écriture est belle, la nature aussi, et en refermant se livre plus qu’une idée en tête, prendre ses jambes à son cou et filer là-haut !

Pascal

  • « Du côté sauvage » de Tiffany Mc Daniel, Gallmeister, mars 2024,

Arc et Daffy. Daffy et Arc. Deux sœurs jumelles, inséparables, qui ont eu le malheur de naître d’un couple de drogués à Chillicothe, dans l’Ohio, où les mauvais choix ont de lourdes conséquences. Il faut affronter les Johns, les seringues et ceux qui ont des ombres semblables à des araignées. Arc, narratrice de cette triste histoire où les contes des sorcières et des femmes libres n’aident pas à sortir de la misère, essaye de ne pas sombrer du côté sauvage. Tiffany McDaniel nous propose un roman copieux de 700 pages, où la réalité des femmes pauvres en Amérique dans certaines villes peut parfois devenir difficile à lire. Il vous sera cependant impossible d’oublier Arc et Daffy, qui appartiennent désormais aux rivières.

Émilie

  • « Un beau jour » de Agnès Laurent, Récamier, février 2024,

Un beau jour de l’été 1970, dans un hameau de montagne, possiblement au dessus de Chamonix, Marie et Claude sont partis pour une course en haute montagne dont il ne reviennent pas… Les quatre jeunes enfants de la famille, Marie-Pierre, Paule, Luc et Jean se retrouvent le soir dans la ferme familiale à devoir trouver le sommeil pendant qu’un orage gronde en espérant retrouver les parents au réveil…Mais au petit matin, les parents ne sont pas là et les enfants vont être accueillis par des voisins, membres de la famille. Les années vont passer pour les enfants et ils vont devoir grandir et se construire avec ce vide, ce manque indépassable. L’histoire se déroule alors sur 50 ans et chacun d’eux va essayer, selon son âge au moment de la disparition, son caractère…de s’en sortir. Un texte d’une grande sensibilité, des personnages très bien incarnés, une fratrie inoubliable, et un mystère qui nous tient en haleine, le tout dans un décor de montagne omniprésent.

Pascal

  • « A la lisière du monde » de Ronald Lavallée, Les Presses de la Cité, janvier 2024,

Matthew Callwood, fils de bonne famille, devenu policier demande son affectation pour le Nord-Ouest canadien et se retrouve dans un petit village amérindien isolé du monde. En cette année 1914, alors que l’Europe s’enflamme, le jeune policier de 24 ans va devoir affronter un environnement sauvage auquel il est mal préparé et l’indifférence des habitants qui traficotent et braconnent à tout va depuis longtemps. Matthew a le sens du devoir chevillé au corps et va s’entêter à faire respecter la loi ce qui va l’amener rapidement à une chasse à l’homme interminable avec un fugitif assassin. La course poursuite est épique dans une nature féroce, froide, humide et sans pitié pour les faiblesses des hommes. Un roman qui nous plonge dans la beauté et la dureté des éléments sur les traces d’un jeune homme en construction qui fait face à lui-même autant qu’à ses ennemis.

Pascal

  • « À quoi songent-ils, ceux que le sommeil fuient ? », de Gaëlle Josse, Éditions Noir et Blanc, février 2024,

Que se passe-t-il derrière les rideaux tirés ? Dans les chambres d’hôtels encore allumées ? Dans les ruelles désertes, éclairées par les lampadaires ? Gaëlle Josse donne la parole, dans son nouveau roman, à celles et ceux qui n’arrivent pas à fermer l’œil de la nuit. Celles et ceux qui continuent de vivre, de réfléchir et de penser pendant que les autres trouvent la paix dans le sommeil. La nuit, ce moment où les remords, les joies, la tristesse et l’espoir sont ressentis plus intensément. La nuit, ce moment hors du temps où rien n’est encore décidé, où tout est possible. Pour découvrir ce monde silencieux, comme une pause hors du temps, prenez un moment pour vous délecter de la plume de Gaëlle Josse avec des micro-fictions poétiques dans « À quoi songent-ils, ceux que le sommeil fuit ? ».

Émilie

  • « Je pleure encore la beauté du monde », de Charlotte McConaghy, Gaïa, février 2024,

Inty Flinn débarque en Écosse avec 3 loups et une équipe de scientifiques avec l’objectif de réintroduire les canidés depuis longtemps disparus dans les Highlands. Tous vont devoir prouver aux habitants du village que la réintroduction du loup dans les forêts est une nécessité pour sauver l’écosystème et lutter contre le réchauffement climatique. Inty est une femme secrète et sèche, qui semble cacher de nombreux démons. Mais pour le bien de son projet et pour éviter des conflits inutiles avec les villageois, elle va devoir apprendre à mettre de l’eau dans son vin… Un roman d’une grande force qui nous plonge dans le quotidien des loups et des hommes, qui sont encore trop effrayés par ces animaux.

Émilie

  • « Stella et l’Amérique », de Joseph Incardona, Finitude, janvier 2024,

Entre Stella, la prostituée guérisseuse, James Brown, le prêtre ancien militaire, les frères Bronski, tueurs à gages sordides, Luis Molina, le journaliste ambitieux et tous les autres, nous voilà embarqués pour un road trip américain détonnant. Le Vatican n’ayant guère apprécié que la très sensuelle Stella soit pris pour une sainte, il préférerai la faire disparaître en martyr…Le généreux prêtre est prêt à tout pour sauver la sainte locale, les jumeaux Bronski pour accomplir la sentence divine, bref nous plongeons avec plaisir dans ce roman noir rythmé, écrit par un suisse, à l’humour décapant. Le rêve américain est une illusion perdue, autant en rire !

Pascal

  • « La fille de Lake Placid » de Marie Charrel, Editions Les Pérégrines, janvier 2024,

Marie Charrel arrive à nous embarquer dans n’importe quelle histoire. D’abord pendant la Seconde Guerre mondiale en Allemagne puis au Canada et maintenant en Amérique, de nos jours, aux côtés de Lana Del Rey et Joan Baez, deux chanteuses américaines bien connues du grand public. « La fille de Lake Placid » nous raconte l’histoire d’une jeune fille tourmentée, obsédée par cette idée que l’on va mourir et disparaître. Pour aider à apaiser ses tourments elle se tourne d’abord vers l’alcool, puis vers la musique et l’écriture. Commence alors un chemin tourmenté entre les labels, les critiques et l’envie de prouver ce qu’elle peut faire. Jusqu’à cette rencontre tant attendue, entre Lana Del Rey qui a réussi à convaincre son public et le monde la musique, et Joan Baez, une icône qui n’a plus rien à prouver, mais qui se laisse tenter par l’idée d’un duo avec cette jeune artiste pour sa chanson « Diamonds and Rust ». Une biographie inattendue, qui nous transporte aux côtés de ces deux femmes. Une plume magnifique, emplie de poésie et de douceur. Un très très beau roman, à la fois émouvant et apaisant. Une petite pépite.

Emilie

  • « Arctique solaire » de Sophie Van der Linden, Editions Denoël, janvier 2024,

Nous voilà sur les traces d’Anna Boberg, une peintre suédoise du début du 20ème siècle dans ce court mais très beau roman. Sophie Van der Linden écrit comme Anna peint, elle nous fait ressentir les émotions de la peintre et de ses peintures à travers ce texte subtil. Anna Boberg, mariée à un grand architecte souhaitait être reconnue comme artiste peintre et c’est cette quête dont il est question. Quête qui l’emmène chaque hiver à partir seule dans les îles Lofoten pour y peindre, dans ce lieu majestueux et froid, aux couleurs incomparables, ce qui sera son chef d’œuvre. Pour amateur de peinture et des îles du Grand Nord.

Pascal

  • « Avec les fées » de Sylvain Tesson, Editions des Equateurs, janvier 2024,

L’écrivain voyageur prend le large pour notre plus grand bonheur. A bord d’un voilier, avec deux acolytes, il remonte les côtes atlantiques françaises et anglaises jusqu’aux îles Shetland. Ce voyage maritime entrecoupé de multiples excursions en « terres celtiques » lui donne l’occasion de s’émerveiller et de rechercher les fées oubliées de sa jeunesse. La langue est belle, l’humour fait mouche, les références littéraires sont de bon aloi et Sylvain Tesson en cherchant le beau nous enchante à notre tour.

Pascal

  • « Neuf vies » de Peter Swanson, Editions Gallmeister, janvier 2024,

Une liste de neuf noms est envoyée à neuf personnes habitant le sol américain sans apparemment aucun lien entre eux. Rapidement le premier est assassiné, puis le deuxième…Attention, il est conseillé de ne pas trop s’attacher aux neuf personnages tant leur durée de vie semble se raccourcir ! Quel est donc le lien entre ceux-ci et qui leur veut du mal ? L’enquête patauge et les crimes s’amoncellent. Voilà un excellent polar, particulièrement rythmé, qui démarre au quart de tour et vous emmène sur les traces du fameux « Ils étaient dix » d’Agatha Christie, version Peter Swanson, une belle réussite !

Pascal

  • « Le royaume enchanté » de Russell Banks, Actes Sud, janvier 2024,

Voici ce qui sera le dernier livre du grand romancier américain Russell Banks décédé en 2023…Et quel roman ! Russell Banks nous fait découvrir ici un pan mal connu de l’histoire de son pays à travers la voix d’Harley Mann, vieil homme qui a enregistré à la fin de sa vie les drames de son parcours. Et grâce aux enregistrements retrouvés d’Harley c’est d’une part, une partie de la construction des Etats-Unis à la toute fin du 19ème siècle qui nous est conté : celles des communautés religieuses, ici les Shakers, qui ont participé à façonner le pays. Et l’on apprend alors comment leur territoire de la Nouvelle-Béthanie en Floride est devenu des années plus tard le « Royaume Enchanté » de Disney World. Et d’autre part l’histoire d’Harvey, de sa famille, de son amour pour la belle Sadie Pratt, de ses frères et sœurs, compagnons Shakers, de leur prospérité et leur déchéance…Un sublime roman à la plume admirable qu’on ne retrouvera plus, il reste à se (re)plonger dans toute l’œuvre de Russell Banks !

Pascal